Forum interministériel à Abidjan : Mamadou Sangafowa-Coulibaly plaide pour la valorisation et la transformation des minéraux critiques

photo mine 2 1
55 / 100 Score SEO
photo mine 1 1

Organisée sous l’égide de la Banque africaine de développement (BAD), cette rencontre a mis en lumière les enjeux stratégiques liés aux minéraux critiques, devenus indispensables dans plusieurs secteurs d’avenir, notamment les technologies, les énergies renouvelables et les industries de pointe. Pour les participants, l’Afrique, qui dispose d’importantes réserves, doit désormais dépasser le simple rôle de fournisseur de matières premières.

Au nom du gouvernement ivoirien, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a appelé les pays africains à saisir cette opportunité pour accélérer leur industrialisation. Selon lui, la richesse minière du continent doit davantage contribuer au développement économique, à la création d’emplois et au renforcement de la souveraineté des États. « La Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel minier considérable. Environ 35 % de son territoire repose sur des formations birimiennes riches en or, tandis que les trois quarts du territoire national sont considérés comme potentiellement riches en minéraux critiques », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que cette ambition s’inscrit dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, visant à faire de la Côte d’Ivoire un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030. Dans cette perspective, le gouvernement ivoirien a adopté la Politique intégrée des ressources minérales et de l’énergie (PIRME) 2026-2040, un cadre stratégique dont le coût global est estimé à 38 000 milliards de FCFA, avec une forte implication attendue du secteur privé.

photo mine 3 1

Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la transformation des ressources minières africaines nécessite une action collective. Il a plaidé pour une coopération renforcée entre les pays afin de mettre en place des chaînes de valeur régionales capables de retenir davantage de richesses sur le continent.

« L’Afrique est prête à faire des minéraux critiques un levier de transformation économique et industrielle. Depuis Abidjan, j’invite les investisseurs et les partenaires internationaux à accompagner les ambitions du continent », a-t-il lancé.

Cette ambition rejoint la vision portée par la BAD. Son président, Sidi Ould Tah, a appelé à un changement profond du modèle économique africain. Pour lui, le continent doit désormais privilégier la transformation locale de ses ressources naturelles plutôt que leur exportation brute.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer les investissements, d’améliorer l’intégration économique régionale et de développer des chaînes de valeur compétitives. À cet effet, la BAD entend mettre son expertise et ses capacités financières au service des États africains pour accompagner la création d’industries locales autour des minéraux critiques.

photo mine 4 1

À travers ce forum, Abidjan veut ainsi se positionner comme une plateforme de réflexion et d’action sur l’avenir du secteur minier africain, dans un contexte mondial marqué par une demande croissante en ressources stratégiques.

Julien Koffi