Le Gouvernement franchit une nouvelle étape dans la modernisation de l’agriculture ivoirienne. Le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a procédé, vendredi 17 juillet 2026 à Ferkessédougou, à la pose de la première pierre du futur Centre de mécanisation agricole du Tchologo et à la remise d’importants équipements et intrants agricoles aux producteurs de riz et de maïs.
Placée sous le patronage du Ministre de l’agriculture du développement rural et des productions vivrières, Bruno Nabagné Koné et le parrainage du ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, cette cérémonie a marqué la clôture de la phase pilote du projet d’appui aux producteurs de riz et de maïs, après les étapes de Boundiali, Daloa et Yamoussoukro. Face à la forte croissance de production des acteurs rizicoles du Tchologo, Bernard Kini Comoé a annoncé un renforcement exceptionnel de l’appui de l’État. « Sur les instructions du ministre Bruno Nabagné Koné, nous avons décidé de doubler le nombre d’engins motorisés afin de répondre aux attentes des producteurs. À Ferkessédougou, dix tracteurs, des motoculteurs, des équipements agricoles, des semences améliorées et des intrants sont désormais mis à leur disposition pour accroître durablement la production », a déclaré le ministre. Les bénéficiaires ont reçu notamment dix tracteurs, des motoculteurs, des accessoires pour les engins motorisés, des pulvérisateurs, des épandeurs d’engrais, des pièces de rechange, 20 tonnes de semences améliorées de riz, 20 tonnes de semences améliorées de maïs ainsi que 250 tonnes d’engrais. Bernard Kini Comoé a, en outre, annoncé l’octroi d’une dotation complémentaire en engrais afin d’encourager les performances constatées sur le terrain.

Faire du Tchologo un pôle majeur de production vivrière
Dans son allocution, le ministre a rappelé que la Côte d’Ivoire ambitionne de réduire sa dépendance aux importations alimentaires en augmentant la production nationale de riz et de céréales. Selon lui, la mécanisation constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers pour relever les défis liés à la pénibilité des travaux agricoles, à la rareté de la main-d’œuvre, au coût des intrants et à la faiblesse des rendements. « Nous voulons faire du Tchologo l’un des principaux greniers vivriers de la Côte d’Ivoire. Les équipements, les semences performantes et les intrants remis aujourd’hui doivent permettre d’augmenter significativement les rendements, de créer davantage de revenus pour les producteurs et de générer de nouveaux emplois pour les jeunes », a-t-il souligné. Le ministre a également insisté sur la responsabilité des coopératives, appelées à assurer un entretien rigoureux des équipements et à respecter les itinéraires techniques afin de garantir la réussite du programme.
Le numérique au cœur de la nouvelle politique agricole
L’une des principales innovations de cette phase pilote réside dans l’intégration des outils numériques dans le suivi des exploitations agricoles. Bernard Kini Comoé a annoncé que les équipements remis aux producteurs seront géolocalisés et enregistrés dans un système de suivi permettant de mesurer leur utilisation et leurs performances. Les données relatives aux superficies cultivées, aux rendements, aux campagnes agricoles et aux bénéficiaires des intrants seront également collectées afin de mieux orienter les politiques publiques. « Le numérique n’est plus un luxe. C’est désormais un outil stratégique au service de la souveraineté alimentaire. Une donnée fiable permet une meilleure décision et un accompagnement plus efficace des producteurs », a-t-il affirmé. Parrain de la cérémonie, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a salué cette convergence entre agriculture et innovation. Selon lui, l’agriculture de demain reposera sur la géolocalisation des parcelles, les données agricoles, les images satellitaires, les prévisions météorologiques et, à terme, l’intelligence artificielle, afin d’améliorer les rendements et de sécuriser les investissements. « Produire davantage reste indispensable, mais produire plus intelligemment est devenu une nécessité », a-t-il déclaré.

Moment fort de la cérémonie, Bernard Kini Comoé a procédé à la pose de la première pierre du Centre de mécanisation agricole du Tchologo. Cette infrastructure formera de jeunes techniciens à la maintenance des équipements agricoles, garantira la disponibilité des prestations mécanisées et renforcera l’autonomie des producteurs de la région. Pour le ministre, ce centre constitue un investissement structurant appelé à accompagner durablement la modernisation de l’agriculture dans le nord du pays.
Les producteurs saluent l’appui de l’État
Au nom des bénéficiaires, Issa Ouattara, délégué du pôle riz du Tchologo, a exprimé la reconnaissance des producteurs envers le Gouvernement. Il a estimé que ces équipements modernes contribueront à réduire considérablement la pénibilité des travaux agricoles et à améliorer les performances des exploitations. Il a également plaidé pour un meilleur accompagnement en matière de commercialisation des récoltes et de développement d’une filière nationale de production de semences certifiées.

Le président de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière riz (OIA Riz), Mory Diabaté, a pour sa part invité les bénéficiaires à faire un usage responsable des équipements mis à leur disposition afin d’assurer le succès de cette phase pilote. À l’issue de la campagne agricole, une évaluation des résultats sera réalisée en vue d’étendre progressivement le programme de mécanisation à d’autres régions. À travers cette initiative, le Gouvernement entend faire du Tchologo un bassin de référence pour la production de riz, de maïs et des autres cultures vivrières, contribuant ainsi au renforcement de la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Aimé Kouassi
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