Organisation, production et commercialisation de l’Or : Sangafowa-coulibaly sort le grand jeu

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La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans la réorganisation de son secteur aurifère. La réunion de coordination consacrée à l’opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP) s’est achevée, ce mercredi 16 septembre 2026 à Abidjan, avec l’ambition de mettre en place une chaîne mieux structurée, traçable et intégrée, notamment pour l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

À la cérémonie officielle de clôture, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a souligné le caractère stratégique de cette initiative. Selon lui, le projet constitue une étape importante de la stratégie de réorganisation de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE), depuis la production jusqu’à la commercialisation de l’or.

La SIMEP au cœur du dispositif

La création de la SIMEP s’inscrit dans un processus engagé au niveau de l’État. La note conceptuelle du projet et le partenariat avec StoneX ont été approuvés lors du Conseil présidentiel du 4 juin 2025. Quelques mois plus tard, le Conseil des ministres du 3 décembre 2025 a approuvé la prise de participation de la SODEMI dans la nouvelle société.

La SIMEP aura un périmètre d’intervention couvrant plusieurs maillons de la chaîne aurifère. Il s’agit notamment de l’exploitation de mines semi-industrielles, de l’achat de l’or produit par les exploitations artisanales et à petite échelle, de sa transformation, de sa commercialisation et de la constitution d’un stock d’or pour le compte de l’État.

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Pour le ministre Sangafowa-Coulibaly, l’enjeu dépasse la seule captation d’une plus grande part de la valeur ajoutée générée par l’or. En développant ses propres activités minières, la SIMEP devra également contribuer à l’émergence de mines modèles et à la sécurisation d’une partie de l’approvisionnement de la future unité d’affinage.

Le Comptoir national d’achat d’or constituera, de son côté, un maillon essentiel du dispositif. Il devra agréger la production issue des EMAPE opérant selon les procédés autorisés et renforcer la traçabilité de l’or jusqu’à son acheminement vers l’unité d’affinage.

StoneX et les partenaires internationaux mobilisés

Le dispositif prévoit également l’intervention de plusieurs partenaires spécialisés. StoneX doit notamment apporter son expertise dans le négoce et l’accès aux marchés internationaux, tandis qu’AVA interviendra sur les aspects liés à la logistique et à la sécurité. Le Conseil mondial de l’or est appelé à accompagner l’intégration de la filière ivoirienne dans les chaînes de valeur internationales.

Intervenant au nom des partenaires, Jack Falkner a présenté StoneX comme une société mondiale de services financiers cotée au Nasdaq, active notamment dans les matières premières, les changes, les valeurs mobilières et la gestion des risques.

Dans le domaine des métaux précieux, l’entreprise affirme travailler avec des gouvernements, banques centrales, exploitations minières, raffineries, institutions financières et acteurs de la chaîne aurifère. Son intervention en Côte d’Ivoire vise notamment à faciliter la connexion entre la production locale et les marchés internationaux, dans le respect des exigences de transparence, de conformité et de traçabilité.

Le représentant de StoneX a également insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les différentes administrations impliquées dans la chaîne de commercialisation de l’or. Douanes, administration fiscale, ministère chargé du Commerce, autorités minières et services aéroportuaires devront, selon lui, agir de manière coordonnée pour garantir la conformité, la sécurité et la transparence des opérations.

Une unité d’affinage attendue en 2027

L’un des principaux volets du projet concerne la construction d’une unité d’affinage à Abidjan. Son entrée en exploitation est annoncée pour le premier semestre 2027.

Selon le ministre des Mines, sa capacité pourrait atteindre, à plein régime, environ 100 tonnes d’or, un niveau présenté comme comparable aux volumes issus des mines industrielles projetées.

Cette infrastructure doit permettre à terme d’augmenter les capacités nationales d’affinage et d’intégrer davantage la production issue des EMAPE dans un circuit formel et maîtrisé.

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Une participation nationale majoritaire

Le directeur de cabinet adjoint et chef de projet, Souleymane Soro, a précisé les contours de la participation au capital de la SIMEP. La société est constituée avec une participation financière publique. L’État et la SODEMI détiennent ensemble 49 % du capital social, tandis que la participation nationale totale atteint 70 %.

L’unité d’affinage sera implantée à Abidjan, mais les activités de la société seront déployées sur l’ensemble du territoire national. La capacité de transformation devra évoluer progressivement afin de permettre, à terme, l’affinage de la production issue de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle.

Vers une meilleure maîtrise de la chaîne aurifère

À travers la SIMEP, les autorités ivoiriennes veulent ainsi renforcer la maîtrise nationale de la chaîne de valeur de l’or, depuis la production jusqu’à la commercialisation internationale.

La réunion de coordination des 15 et 16 septembre avait précisément pour objectif d’harmoniser les actions des différentes parties prenantes et de préciser les conditions de mise en œuvre du dispositif. Pour Mamadou Sangafowa-Coulibaly, cette étape doit désormais déboucher sur une opérationnalisation effective de la SIMEP. Le projet s’inscrit plus largement dans la volonté de formaliser l’EMAPE, d’améliorer la traçabilité de la production aurifère et de renforcer la contribution du secteur minier à l’économie nationale.

Aimé Kouassi