Journées foncières d’Abidjan : Plusieurs pays , experts et institutions croisent leurs expériences

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Le Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a procédé à l’ouverture des travaux des Journées foncières d’Abidjan qui prendra fin le mercredi 7 octobre prochain. En sa de haut patron de l’évènement, il replacé la question foncière dans une perspective plus large. Pour lui, la sécurisation des droits fonciers touche directement à la paix sociale, à l’investissement, à la création d’emplois et au développement durable. Il a ainsi appelé à « accélérer la modernisation de la gouvernance foncière », en mettant l’accent sur la sécurité juridique, la transparence et l’efficacité des mécanismes de gestion. Cette modernisation passe également par le numérique via la digitalisation des procédures, la cartographie, le cadastre modernisé et  des données foncières fiables. Les JFA réunissent plusieurs pays africains, dont le Sénégal, la Mauritanie, le Bénin, le Burkina Faso, le Togo, Madagascar et le Cameroun.

Pour sa part, le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a rappelé que la question foncière reste une source de tensions dans plusieurs pays africains. Il a notamment évoqué la méconnaissance des droits, la complexité des procédures et les limites des dispositifs institutionnels comme autant de facteurs qui fragilisent la gestion de la terre. « La terre n’est pas seulement un facteur de production. La terre est aussi un patrimoine et une identité », a souligné le ministre.

La Côte d’Ivoire veut accélérer la sécurisation

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 Bruno Koné a toutefois reconnu l’ampleur du chantier. Plusieurs millions d’hectares restent à sécuriser, tandis que la délimitation des territoires et la délivrance des certificats fonciers nécessitent encore d’importants efforts. Pour le ministre, les premiers résultats obtenus démontrent néanmoins l’intérêt de la démarche. « Sécuriser la terre conduit à moins de contentieux, davantage de sérénité dans nos villages et nos villes, et à plus de confiance pour ceux qui souhaitent investir », a-t-il relevé.

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Le gouvernement entend donc poursuivre la mobilisation des partenaires techniques et financiers,  afin de renforcer les actions engagées et de mettre en œuvre un programme national ambitieux de sécurisation foncière rurale.

Le Sénégal partage son expérience

 Pays invité d’honneur de cette première édition, le Sénégal a présenté son expérience en matière de réforme foncière. Cheick Diba, ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan,  a notamment insisté sur la nécessité d’adapter les dispositifs juridiques aux réalités des populations. Avec l’appui de la Banque mondiale, le Sénégal expérimente notamment une démarche de proximité consistant à aller directement vers les populations pour identifier et formaliser leurs droits fonciers. Pour lui, la modernisation du cadastre, la cartographie et la constitution de bases de données fiables doivent contribuer à améliorer la transparence et à limiter les risques de doubles attributions. Mais Dakar se veut surtout dans une démarche d’échange. « Le Sénégal ne vient pas donner les leçons », a expliqué le ministre, soulignant que son pays entend également tirer profit des expériences des autres Etats africains.

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La Côte d’Ivoire entend poursuivre ses efforts dans la sécurisation du foncier rural. À travers l’Agence Foncière Rurale (AFOR), le gouvernement travaille à clarifier les droits, prévenir les conflits et instaurer davantage de confiance autour de la propriété foncière.  C’est pourquoi, durant ces trois jours, il y aura des conférences de haut niveau, des tables rondes ministérielles, des ateliers et  des expositions  qui permettront de confronter les expériences et d’identifier des réponses adaptées aux réalités des différents pays. A travers cette rencontre, la Côte d’Ivoire veut faire d’Abidjan un espace de dialogue sur les politiques foncières en Afrique. L’enjeu dépasse ainsi la seule question de la propriété de la terre. Il s’agit de renforcer la sécurité des droits, de prévenir les conflits, de consolider la cohésion sociale et de créer les conditions nécessaires à l’investissement.

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Il faut noter que les Journées foncières d’Abidjan (JFA) s’ouvrent, ainsi sur une conviction partagée : mieux sécuriser la terre, c’est aussi renforcer la paix, la confiance et les bases du développement économique.

Rodrigue Cofye