La Côte d’Ivoire cherche à structurer son écosystème autour de la blockchain et des actifs numériques. À travers le projet de Centre d’Excellence de la Blockchain porté par le VITIB, le pays veut créer un cadre capable de rapprocher innovation technologique, besoins des entreprises, investissements et politiques publiques. La blockchain ne se limite plus aux cryptomonnaies. En Côte d’Ivoire, cette technologie commence à être envisagée comme un outil susceptible de transformer plusieurs secteurs de l’économie, de l’agriculture au foncier, en passant par les transactions et la gestion documentaire.
Cette orientation était au cœur du séminaire international consacré à la blockchain et aux actifs numériques, organisé ce vendredi 2 octobre 2026, à Cocody 2 Plateaux, par Valoores Africor, en collaboration avec le VITIB SA. La rencontre a réuni experts, entreprises, investisseurs et acteurs publics autour des perspectives économiques liées à ces technologies. À l’ouverture des travaux, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner leur développement dans un environnement « responsable, sécurisé et encadré ». Dans cette dynamique, le VITIB entend jouer un rôle central. Son directeur général, Mébéti Dosso, a présenté le projet de Centre d’Excellence de la Blockchain, destiné à constituer une plateforme de formation, de recherche, d’expérimentation et de développement de solutions. L’ambition dépasse ainsi la seule dimension technologique. Il s’agit de créer un espace où les entreprises, les administrations, les chercheurs, les investisseurs et les régulateurs pourront identifier des problématiques concrètes et tester des réponses technologiques adaptées. « L’ambition est de faire du VITIB un véritable carrefour entre compétences, infrastructures, innovation, entreprises, pouvoirs publics, régulateurs et investisseurs », a-t-il indiqué.
Cette approche pourrait contribuer à faire émerger un marché local de solutions blockchain, en donnant aux entreprises et aux porteurs de projets un environnement pour expérimenter avant d’envisager un déploiement à plus grande échelle. Agriculture, foncier, documents : des applications à fort potentiel Les cas d’usage évoqués lors du séminaire montrent le potentiel économique de cette technologie. Dans l’agriculture, la blockchain peut notamment renforcer la traçabilité des chaînes de valeur. Dans le domaine foncier, elle pourrait contribuer à fiabiliser certaines informations et à sécuriser les transactions.
L’authentification des documents et la sécurisation des échanges figurent également parmi les applications envisagées. Autre piste stratégique : la tokenisation des actifs, qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière de financement, de mobilisation de capitaux et d’accès à certains investissements. Pour les acteurs économiques, l’enjeu sera toutefois de passer des expérimentations à des solutions effectivement utilisables et économiquement viables.
L’avantage infrastructurel du VITIB Le VITIB dispose, à cet égard, d’un argument important : ses infrastructures numériques. Ses data centers, sa connectivité à très haut débit et son environnement technologique constituent une base pour accueillir des projets nécessitant des capacités importantes en matière de données et de connectivité. Le futur Centre d’Excellence devra donc contribuer à transformer ces infrastructures en un véritable levier d’innovation. Au-delà de la blockchain, l’initiative traduit une volonté plus large de la Côte d’Ivoire : ne pas seulement consommer les technologies émergentes, mais développer les compétences et les écosystèmes capables de les comprendre, de les adapter et, à terme, d’en tirer de la valeur.
Pour le pays, la bataille se joue désormais sur plusieurs fronts : attirer les investissements, développer les compétences, sécuriser les usages et créer les conditions permettant aux innovations de passer du laboratoire au marché. Le VITIB entend se placer au cœur de cette équation.
Julien Koffi
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