Transition écologique : la Côte d’Ivoire mise sur l’IA pour mieux suivre ses écosystèmes  

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Signé par le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, et le directeur général et cofondateur de TerraKora AI, Kolia Alpha-Yaya Touré, en présence d’Axel Guéi, cofondateur et directeur de la Technologie de l’entreprise, ce partenariat ambitionne de doter le pays d’outils plus performants pour mesurer l’évolution de ses ressources naturelles. L’enjeu est notamment de disposer de données fiables pour évaluer l’état des écosystèmes, mesurer les résultats des actions de restauration et mieux orienter les politiques publiques environnementales. « Cette exigence de connaissance et de rigueur est au cœur du partenariat qui nous réunit », a déclaré Abou Bamba.

Cette démarche intervient dans un contexte où la pression sur les ressources forestières demeure importante. Selon l’Inventaire forestier et faunique national publié en 2021, la couverture forestière de la Côte d’Ivoire était estimée à 2,97 millions d’hectares, soit 9,2 % du territoire. Le dispositif envisagé reposera sur le croisement de plusieurs sources de données : images satellitaires, observations de terrain et intelligence artificielle. Il permettra notamment de cartographier l’occupation des sols, de détecter les évolutions environnementales et d’évaluer les stocks de carbone des différents écosystèmes.

Le partenariat devrait également s’appuyer sur les compétences du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), notamment à travers son Centre d’information géographique et du numérique. La démarche prévoit par ailleurs une collaboration entre administrations publiques, chercheurs et entreprises technologiques. Des applications au-delà des forêts L’intérêt de cette initiative dépasse le seul domaine de la conservation forestière. Les données produites pourraient également servir aux principales filières agricoles ivoiriennes, notamment le cacao, le café, l’anacarde et l’hévéa. Une meilleure connaissance des parcelles et des pratiques agricoles peut contribuer à renforcer la traçabilité des productions, à documenter les systèmes agroforestiers et à répondre aux exigences croissantes des marchés internationaux en matière de durabilité.

Ces données pourraient également servir de base au développement d’un marché carbone reposant sur des résultats environnementaux mesurables et vérifiables. Pour TerraKora AI, l’ambition est de contribuer à la mise en place d’une capacité nationale de mesure et de vérification numérique du capital naturel. Selon Kolia Alpha-Yaya Touré, il s’agit notamment de mieux connecter les données scientifiques, les opérations de restauration, les décisions publiques et les mécanismes de financement, tout en développant les compétences technologiques locales.

 À travers cet accord, la Côte d’Ivoire entend ainsi faire de la donnée et de l’innovation technologique des leviers de sa transition écologique, avec un objectif : mieux connaître ses ressources naturelles pour mieux les préserver et valoriser leur contribution à l’économie.

Julien Koffi