Maturité digitale : la gouvernance numérique, un enjeu stratégique pour les organisations africaines

photo digital 1
60 / 100 Score SEO

La transformation numérique s’impose progressivement comme un levier de modernisation des économies africaines. Mais au-delà des investissements dans les technologies, la question de la gouvernance devient déterminante pour garantir l’efficacité des stratégies engagées. C’est dans cette perspective que BMI-WFS et G&D Audit SM ont présenté, à Abidjan, une initiative consacrée à la maturité digitale, avec l’ambition d’offrir aux organisations un cadre d’évaluation et d’amélioration de leurs pratiques numériques.

photo digital 2

Dans un environnement marqué par la dématérialisation des services, le développement de l’intelligence artificielle et la multiplication des risques liés à la sécurité des données, les organisations doivent désormais démontrer leur capacité à utiliser les technologies de manière cohérente et durable. L’acquisition de logiciels, la numérisation des procédures ou la création de plateformes ne suffisent pas, à elles seules, à garantir une transformation réussie. Encore faut-il disposer d’une gouvernance adaptée, de compétences appropriées et de mécanismes permettant de mesurer les résultats obtenus.

C’est l’objectif du Système de Management de la Maturité Digitale (SMMD), présenté lors du lancement de cette certification le 10 octobre 2026. Le dispositif vise à accompagner les États, les administrations publiques, les entreprises et les autres organisations dans l’évaluation de leur niveau de maturité numérique, l’identification de leurs insuffisances et la définition de leurs priorités. Son champ d’application couvre notamment la gouvernance, les technologies, la cybersécurité, la gestion des données, l’intelligence artificielle, les compétences, l’innovation et l’inclusion.

Pour Habibata Granger, présidente-directrice générale du groupe G&D Audit SM, l’harmonisation des pratiques constitue une condition importante pour renforcer la crédibilité des démarches de transformation numérique. « Il y a plusieurs pratiques pertinentes, mais au bout d’un moment, on s’est dit qu’il y avait besoin que le monde se mette d’accord sur des exigences communes pour parler le même langage et être crédible partout sur la planète lorsqu’on parle de digitalisation », a-t-elle expliqué. La mise en place d’exigences communes pourrait ainsi faciliter l’évaluation des pratiques et permettre aux organisations de disposer de repères pour apprécier leurs progrès.

Pour les administrations publiques, l’enjeu est notamment d’améliorer la coordination des services, de rationaliser les procédures et de mieux intégrer les exigences de sécurité dans les projets de modernisation. Pour les entreprises, il s’agit de rapprocher les investissements technologiques des objectifs de performance et des besoins opérationnels. Clotchôr Secongo, PDG de BMI-WFS, a présenté le dispositif comme un outil destiné à structurer les politiques numériques, à en faciliter le pilotage et à permettre aux organisations de faire évaluer leur maturité digitale.

Cette démarche intervient également dans un contexte où la souveraineté numérique occupe une place croissante dans les stratégies de développement du continent. La maîtrise des données, la sécurisation des infrastructures et la formation de compétences locales constituent des enjeux essentiels pour les États africains. Un référentiel commun pourrait contribuer à formaliser les pratiques de gouvernance et à renforcer la lisibilité des démarches engagées auprès des partenaires internationaux. Toutefois, la souveraineté numérique ne dépend pas uniquement de l’existence d’une certification. Elle repose aussi sur la capacité des pays à développer des solutions adaptées à leurs besoins, à encadrer leur utilisation et à renforcer leurs compétences technologiques locales.

La mise en œuvre du dispositif devra donc tenir compte des réalités des organisations africaines, de leurs moyens et de leurs priorités. La pertinence des critères d’évaluation, la fiabilité des méthodes retenues et l’application effective des recommandations seront déterminantes pour mesurer les résultats de cette initiative.

photo digital 3

Les travaux de normalisation relatifs à l’ISO 17002 se poursuivent au sein des comités techniques internationaux, avec une disponibilité de la norme annoncée pour la fin de l’année 2026. Pour BMI-WFS et G&D Audit SM, l’ambition est de contribuer à une transformation numérique mieux structurée, fondée sur l’évaluation des capacités et l’amélioration continue des pratiques. Au-delà de la certification, le défi pour les organisations africaines sera de faire de la gouvernance numérique un véritable instrument de performance, de sécurité et de compétitivité.

Julien Koffi