L’organisation Africa No Filter (ANF), engagée dans la transformation des récits sur le continent, franchit une nouvelle étape de son développement avec l’annonce de la création de son premier conseil consultatif. Cette initiative intervient au moment où l’organisation devient une entité indépendante dirigée par des Africains et légalement enregistrée à Maurice, après cinq années d’existence en tant que projet basé aux États-Unis.
Composé de huit personnalités de haut niveau issues des secteurs des médias, de la finance, de la philanthropie, du droit, du plaidoyer et de la recherche, ce nouveau conseil marque un tournant majeur pour ANF. Il reflète la volonté de l’organisation de renforcer sa gouvernance, d’affiner sa stratégie et d’étendre son influence sur le continent et au-delà.
Un conseil à forte valeur ajoutée
Selon Moky Makura, directrice exécutive d’Africa No Filter, le choix des membres repose sur une double exigence : l’excellence professionnelle et l’engagement avéré en faveur de l’Afrique.
« Les récits façonnent tout, de la politique à la réputation, en passant par les investissements et les opportunités », souligne-t-elle. « En entrant dans cette nouvelle ère d’indépendance, ANF s’appuie désormais sur un conseil qui comprend les enjeux, croit au potentiel du continent et œuvre pour que l’Afrique raconte sa véritable histoire. »
Un impact déjà significatif
Depuis sa création, Africa No Filter a investi plus de 7,5 millions USD (4,5 milliards FCFA). dans l’écosystème créatif et médiatique africain. L’organisation finance des créateurs, des chercheurs et des plateformes qui déconstruisent les représentations simplistes du continent.
Son modèle innovant a séduit des bailleurs de premier plan : la Fondation Gates, la Fondation Mastercard, ainsi que ses membres fondateurs – Fondation Ford, Luminate, Fondation Hilton, Fondation Hewlett et Fondation Mellon.
Avec l’institutionnalisation de ce conseil, ANF espère accélérer son impact et étendre davantage sa présence sur le continent.
Une vision partagée : réinventer l’histoire de l’Afrique
Tous les membres s’accordent sur l’urgence de transformer la perception du continent.
Yacine Djibo appelle à un récit qui reflète « un continent de créativité, d’innovation et de possibilités ».
Pour Nicolas Pompigne-Mognard, mettre fin aux stéréotypes est un impératif stratégique : « Les médias peuvent attirer les investissements et transformer les perspectives économiques de l’Afrique. »
Anshi Saminaden insiste sur le rôle des narratifs dans l’orientation des financements vers les priorités vitales du continent.
Nousrath Bhugeloo estime quant à elle que « la gouvernance est aussi une manière de raconter notre histoire ».
Une nouvelle ère pour Africa No Filter
En devenant une entité indépendante, dotée d’une gouvernance renforcée et d’une expertise diversifiée, Africa No Filter ouvre un nouveau chapitre. Plus qu’un changement institutionnel, cette transition se veut un engagement fort : celui de permettre à l’Afrique de maîtriser son récit, sur ses propres termes et avec ses propres voix.
Aimé Kouassi
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de abidjaneconomie.net même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.


