À la veille de la clôture de la 62ᵉ édition du Salon International de l’Agriculture, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a co-animé, ce samedi 28 février, un panel de haut niveau organisé par les Jeunes Cadres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), aux côtés du ministre délégué en charge des Productions vivrières, Bernard kini Comoé.
Placée sous le thème « L’agriculture ivoirienne : modernisation et opportunités », la rencontre a réuni un auditoire majoritairement jeune, attentif aux enjeux stratégiques d’un secteur qui demeure le socle de l’économie nationale.
Dans son intervention, Bruno Nabagné Koné a rappelé que l’agriculture représente environ 20 % du PIB, 60 % de la population active et près de 40 % des recettes d’exportation de la Côte d’Ivoire. « Le succès de ce pays a toujours reposé sur l’agriculture », a-t-il insisté, soulignant l’ambition de maintenir ce rôle moteur pour les décennies à venir.
Le ministre a salué la forte mobilisation des jeunes, estimant qu’elle constitue un signal fort pour l’avenir du secteur. « Quand un champ ne compte que des personnes âgées, il n’a pas d’avenir. Mais lorsqu’on y voit des jeunes, il est promis à un futur solide », a-t-il illustré.
Depuis 2011, a-t-il rappelé, les productions vivrières sont passées de 11 à 23 millions de tonnes, tandis que les productions d’exportation ont progressé de 4,5 à plus de 10 millions de tonnes. Des performances qui ont contribué à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire, même si ces acquis restent fragiles face aux chocs extérieurs, notamment sanitaires, économiques et climatiques.

Cinq axes pour une agriculture moderne et souveraine
Le ministre a détaillé les cinq axes stratégiques de la feuille de route gouvernementale : Produire davantage et mieux, grâce au développement de semences à haut rendement adaptées aux réalités agroécologiques nationales et à la promotion de la mécanisation afin d’accroître la productivité et réduire la pénibilité du travail.
Moderniser la commercialisation, notamment par la digitalisation et la mise en place de bases de données facilitant la mise en relation entre producteurs et acheteurs.
Transformer localement, pour créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Élargir le financement, en mobilisant davantage de partenaires techniques et financiers et en facilitant l’accès des acteurs aux ressources.
Renforcer la résilience climatique, à travers l’élaboration de cartes de fertilité des sols et des pratiques agricoles adaptées aux effets du changement climatique.
L’objectif affiché est clair : garantir la souveraineté alimentaire et réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
Des réformes structurantes et des résultats notables
Prenant la parole, Bernard kini Comoé est revenu sur la transformation du secteur depuis la sortie de crise. Il a évoqué les réformes engagées dans les filières stratégiques, notamment le café-cacao et le coton, ainsi que l’augmentation significative des investissements publics et privés.
Le Programme national d’investissement agricole (PNIA), lancé en 2012, a permis de mobiliser plus de 2 000 milliards de FCFA sur la période 2012-2016, favorisant la relance de la production et la modernisation des infrastructures.
Toutefois, les deux ministres ont reconnu l’impact des chocs récents, changement climatique, pandémie de Covid-19 et crise russo-ukrainienne qui ont entraîné des inflexions dans la dynamique de croissance, notamment pour certaines cultures stratégiques.

Un appel fort à la diaspora et aux jeunes entrepreneurs
Bruno Nabagné Koné a prodigué des conseils appuyés aux jeunes de la diaspora, les exhortant à capitaliser sur leur exposition internationale comme avantage concurrentiel. Il les a invités à investir dans les filières locales, à structurer des partenariats avec des organisations de producteurs et à développer des solutions innovantes, notamment numériques, pour fluidifier les chaînes de valeur.
« L’agriculture n’est pas le passé, elle est l’avenir », a-t-il martelé, invitant la jeunesse à saisir les nombreuses opportunités offertes par la modernisation en cours.
Le ministre a enfin félicité Roland Katou, coordonnateur général des Jeunes Cadres du RHDP, pour la qualité de l’organisation, et remercié le ministre Mamadou Touré, superviseur des JC RHDP, représenté à cette occasion par le ministre Félix Anoblé.
À travers ce panel, le gouvernement ivoirien réaffirme ainsi sa volonté de bâtir une agriculture moderne, inclusive et résiliente, portée par une nouvelle génération d’acteurs engagés.
Aimé Kouassi
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