À la suite des tensions enregistrées le 7 mai dernier dans la localité de M’Batto autour des impayés de la campagne principale de commercialisation du cacao 2025-2026, le Directeur Général du Conseil du Café-Cacao (CCC), Koné Brahima Yves, est allé au contact direct des producteurs afin d’apaiser les inquiétudes et apporter des réponses concrètes.
La rencontre, tenue le mercredi 13 mai 2026 au foyer des jeunes de M’Batto, a réuni les différents acteurs de la filière café-cacao de la délégation régionale de Bongouanou, en présence du corps préfectoral conduit par le Préfet de Région du Moronou, Préfet du Département de Bongouanou, DONGO Kobenan.
Face à une assistance fortement mobilisée, les producteurs et responsables de coopératives ont exprimé leurs préoccupations, principalement liées aux reçus de cacao établis lors de la campagne principale à 2 800 F CFA le kilogramme et dont plusieurs restent encore impayés.
Prenant la parole, le porte-parole des producteurs, Monsieur Ehouman Eby Augustino, a indiqué que la principale difficulté ne résidait pas dans le prix de la campagne intermédiaire fixé à 1 200 F CFA, mais plutôt dans le règlement des anciennes livraisons effectuées durant la campagne principale.
Le DG du CCC reconnaît les difficultés des producteurs
En réponse, le Directeur Général du Conseil du Café-Cacao a adopté un ton conciliant et compréhensif. Koné Brahima Yves a reconnu le désarroi des producteurs face à la chute brutale des prix du cacao sur le marché international.
« Je comprends votre désarroi face au fait que le prix du kilogramme de cacao soit passé de 2 800 F CFA à 1 200 F CFA entre les deux campagnes », a-t-il déclaré.
Le DG du CCC a expliqué que cette baisse s’explique essentiellement par l’effondrement des cours mondiaux du cacao, passés de plus de 4 000 F CFA à environ 1 600 F CFA en moins de cinq mois.
Malgré cette conjoncture difficile, il a tenu à rassurer les producteurs sur la volonté du Gouvernement et du Conseil du Café-Cacao de protéger leurs revenus.
« La volonté du Gouvernement et du Conseil du Café-Cacao, c’est de payer le meilleur prix aux producteurs », a insisté Koné Brahima Yves.

Il a d’ailleurs souligné que le prix de 1 200 F CFA fixé pour la campagne intermédiaire était un prix soutenu par l’État, alors que les réalités du marché international auraient conduit à un prix inférieur à 1 000 F CFA.
Une réponse ferme sur les impayés des reçus à 2 800 F CFA
Mais c’est surtout sur la question sensible des défauts de paiement que le Directeur Général du CCC était particulièrement attendu.
Sur ce point, le patron du Conseil du Café-Cacao s’est voulu clair et ferme envers les opérateurs défaillants.
« Nous demandons à tous ceux qui ont des reçus de 2 800 F CFA de se faire enregistrer. Nous allons contraindre les sociétés coopératives à les payer », a-t-il affirmé sous les applaudissements des producteurs.
Yves Koné a précisé que des vérifications seront engagées afin d’identifier les opérateurs ayant effectivement livré du cacao aux exportateurs ou bénéficié de l’opération spéciale d’enlèvement de 100 000 tonnes initiée par le Conseil du Café-Cacao.
Selon lui, tous ceux qui ont perçu les paiements correspondant au prix de la campagne principale devront impérativement reverser les montants dus aux producteurs.
Cette déclaration a constitué l’un des temps forts de la rencontre, les producteurs voyant dans cette position une volonté affichée des autorités de faire respecter les engagements pris envers eux.
Le CCC appelle au calme et à la poursuite de la campagne intermédiaire
Dans son intervention, le Préfet de Région du Moronou a également tenu à défendre l’action du Conseil du Café-Cacao, rappelant que cette institution n’a pas vocation à acheter directement du cacao.
Il a expliqué que l’opération spéciale d’enlèvement de 100 000 tonnes avait été mise en place afin de fluidifier la commercialisation et soulager les producteurs confrontés aux blocages du marché.
En conclusion de la rencontre, le Directeur Général du Conseil du Café-Cacao a lancé un appel à l’apaisement et à la responsabilité des producteurs afin de permettre la poursuite sereine de la campagne intermédiaire.
Il a également exhorté les producteurs à se faire recenser et à retirer leur carte du producteur, qui deviendra obligatoire à compter du 1er septembre 2026.
Selon lui, cette réforme contribuera à mieux sécuriser les transactions, prévenir les défauts de paiement et garantir le respect du prix minimum garanti aux producteurs.
À travers cette rencontre de proximité à M’Batto, le Conseil du Café-Cacao a ainsi voulu réaffirmer son engagement à défendre les intérêts des producteurs malgré un contexte international particulièrement difficile pour la filière cacao.
Aimé Kouassi
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