Que retenir du 1er Sommet Africa Forward ?

Africa forward ambition une réforme de la France Afrique
Repartition des investissements annonces au sommet Africa Forward 2026
Graphique : KOFFI-KOUAKOU Laussin

Co-organisée par le Kenya et la France, si cette mémorable réunion de haut niveau vise à dépasser le modèle traditionnel de collaboration, souvent perçu comme déséquilibré, pour co-construire un partenariat d’égal à égal, basé sur l’investissement et la conduite, de concert, de projets structurants, elle incarne surtout une volonté commune de refonte des relations, quelque peu ébréché ces derniers temps, entre la France et l’Afrique.

Et ce, un mois avant le G7 d’Évian, prévu du 15 juin 2026 au 17 juin 2026, sur les rives du lac Léman, comme il ressort des propos, partagés pendant ce 1er Africa Forward, par le Président Kenyan, William Ruto, qui a déclaré, durant celui-ci : « Le problème n’est pas la liquidité. C’est l’architecture des risques ! » Dans ce contexte, « les nouvelles relations entre la France et l’Afrique ne doivent pas être construites sur la dépendance, mais sur l’égalité souveraine, non pas en matière d’aide ou de charité, mais en matière d’investissements mutuellement avantageux. » A-t-il martelé.

Les grands projets annonces au sommet Africa Forward 2026
Graphique : KOFFI-KOUAKOU Laussin

Lors de l’Africa Forward, 14 milliards € d’investissements Français et 9 milliards € portés par des acteurs Africains, dans des secteurs cruciaux pour l’avenir de l’Afrique tels que la transition énergétique, le numérique, l’Intelligence Artificielle (IA) et l’économie bleue ont été annoncés. Le tout, selon Emmanuel Macron, pour « structurer un cadre d’investissement pour le continent Africain. »

Si les engagements, pris à cet Africa Forward 2026, sont respectés, les fonds, publics et privés, alloués seraient perçus comme un début de réponse « aux injustices du système financier » décriés, au cours du sommet, par le Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres. Ils permettraient, dans l’immédiat, de créer de plus de 250.000 emplois directs en France et en Afrique.

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Le sommet Africa Forward a rassemblé plus de 35 Chefs d’État et de Gouvernement Africains. Parmi eux se trouvaient les Présidents du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que des représentants du Maroc, de Maurice, de Côte d’Ivoire, du Rwanda, et le Président de la Commission de l’Union Africaine, Mahmoud Ali Youssouf. Le sommet a également attiré plus de 6.000 participants du monde politique, économique et financier, dont 2.500 patrons d’entreprise et investisseurs. Soulignant son orientation, Le président Ivoirien Alassane Ouattara a, dans son discours donné à cet Africa Forward 2026, dénoncé une « architecture financière internationale inadaptée aux réalités Africaines » et plaidé pour la refonte du système financier international, le renforcement de la souveraineté économique Africaine et pour plus d’avancées concrètes en matière de diplomatie. Cette grande conférence sur les Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’Innovation et la Croissance a été réalisée à l’heure où le Continent à la démographie la plus jeune au monde fait face à un besoin de financement annuel estimé à environ 400 milliards $, du fait, notamment, de primes Risque-Pays fixés à ses Etats à des taux d’intérêt 2 à 4 fois supérieurs à ceux établis pour les pays développés, en raison, en l’occurrence, d’une évaluation biaisée, et qu’il ne reçoit que 2 % des financements climatiques, alors que ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) sont les plus faibles.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

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