Un grave drame s’est produit dans la commune de Koumassi-Soweto, derrière l’église méthodiste Heroboth, où un immeuble en construction s’est brutalement effondré aux premières heures de la journée du samedi 23 mai 2026.
Le bâtiment, un édifice de type R+4, s’est écroulé aux environs de 5 h 20, plongeant les habitants du quartier dans la stupeur et la désolation. Selon un premier bilan, quatre corps avaient été extraits des décombres dans les heures ayant suivi le drame. Mais ce dimanche matin, les recherches menées sur le site ont permis la découverte de quatre autres victimes, portant le bilan provisoire à huit morts.
Parmi les nouvelles victimes retrouvées figurent une femme, identifiée comme T.S. V. ainsi que ses trois enfants âgés de 3 à 7 ans.
Des proches sous le choc
Sur les lieux du drame, les témoignages des proches traduisent une douleur immense mêlée à l’espoir qui s’est peu à peu transformé en angoisse.
« Elle disait qu’elle allait à un baptême. Nous l’avons attendue toute la nuit. Elle devait rentrer vers 22 heures, mais elle n’est jamais revenue », raconte une voisine de la victime, encore bouleversée.
Cette dernière explique avoir appris l’effondrement de l’immeuble après avoir consulté des informations sur son téléphone. Contacté, le propriétaire aurait confirmé que le bâtiment effondré était bien le sien.
Le frère de la victime, Teki Boa Maurice César, enseignant à Dabakala, s’est rendu sur les lieux dès l’annonce du drame.

« Valérie était notre grande sœur. Elle vivait ici avec ses trois enfants pendant que son mari travaillait au Liberia. Nous sommes venus dans l’espoir de les retrouver. Même ce matin encore, nous gardions l’espoir », a-t-il déclaré avec émotion.
Selon ses explications, la famille résidait dans un studio situé dans l’immeuble effondré.
De sérieuses défaillances dénoncées
Présent sur les lieux ce dimanche 24 mai 2026, Soro Doté, président national de la Confédération des PME du Bâtiment et des Travaux Publics de Côte d’Ivoire, a exprimé ses inquiétudes face à la multiplication des effondrements d’immeubles dans le pays.
Selon lui, ce nouvel accident serait le 31ᵉ cas enregistré entre 2023, 2024 et 2026.
Après une visite du site, il a dénoncé plusieurs irrégularités dans la construction du bâtiment : non-respect des distances réglementaires entre les immeubles ; mauvaise qualité des matériaux utilisés ; insuffisance de ciment dans le mélange ; briques inadaptées ; utilisation de fers de faible diamètre ; absence apparente d’étude géotechnique du sol. « Sans étude du sol, la vie des habitants est exposée à de graves dangers », a-t-il averti.

Le responsable du secteur du BTP a également plaidé pour un renforcement des contrôles techniques avant toute délivrance de permis de construire. Il propose que tous les chantiers soient systématiquement supervisés par la Chambre Nationale des Ingénieurs-Conseils (CHANI) et que les matériaux de construction soient contrôlés par le LBTP, le laboratoire national de l’État.
Un appel à des mesures fortes
Face à la répétition de ces drames, plusieurs voix s’élèvent désormais pour réclamer une réforme stricte du secteur de la construction en Côte d’Ivoire.
Pour Soro Doté, l’État doit adopter des lois plus contraignantes afin de garantir le respect des normes de construction, même pour les bâtiments présentés comme de simples habitations à un ou deux niveaux.
« Il ne faut pas attendre qu’un immeuble s’effondre avant de constater les dégâts », a-t-il insisté.
Alors que les opérations de recherche et de sécurisation se poursuivent sur le site, les habitants de Soweto restent profondément marqués par cette tragédie qui relance une nouvelle fois le débat sur la sécurité des constructions et le contrôle des chantiers en Côte d’Ivoire.
Aimé Kouassi
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