Approvisionnement en ressources animales : le MIRAH rassure sur la disponibilité des moutons pour la Tabaski 2026

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Selon lui, la pression actuelle sur les marchés s’explique principalement par une forte concentration de la demande autour de la période de la Tabaski. « 30 à 40 % du volume annuel de bétail est écoulé pendant la période de la Tabaski », a-t-il indiqué, soulignant que cette ruée provoque naturellement des tensions sur les prix et l’approvisionnement. Malgré ce contexte, le représentant du MIRAH a affirmé que les animaux restent disponibles dans les différents marchés du district d’Abidjan. Après une tournée effectuée jusqu’à 22 heures dans plusieurs sites de commercialisation, notamment à Bouaké, Abobo et N’Dotré, il dit avoir constaté une présence effective de nombreux moutons. « Il y a des moutons. Même si quelqu’un en achète cinq aujourd’hui, il peut continuer à s’approvisionner », a-t-il insisté.

Le conférencier a également relevé une particularité cette année : de nombreux acheteurs acquièrent leurs moutons plusieurs jours avant la fête, mais les laissent encore sur les marchés faute d’espace à domicile. Certains animaux déjà vendus portent ainsi des marqueurs bleus ou rouges avec les initiales de leurs propriétaires. Abordant les mécanismes mis en place pour faciliter l’acheminement du bétail, Ministère des Ressources animales et halieutiques a mis en avant le dispositif JBSAM ainsi que les échanges réguliers entre les autorités et les acteurs de la filière. Le conseiller technique a notamment salué les efforts engagés pour réduire les coûts illégaux liés au transport des animaux. « Il y a quelques années, un camion de bétail pouvait perdre entre 500 000 et 800 000 FCFA en tracasseries. Aujourd’hui, cela n’existe plus. Le maximum tourne autour de 75 000 FCFA », a-t-il expliqué.

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Selon lui, cette amélioration résulte d’un travail conjoint impliquant plusieurs structures étatiques, notamment les ministères de la Sécurité, des Transports, du Commerce ainsi que le Conseil national de lutte contre la vie chère. Interrogé sur les restrictions d’exportation de bétail décidées par certains pays sahéliens, notamment le Burkina Faso, le responsable a évité tout commentaire politique, tout en reconnaissant les conséquences économiques de ces mesures. Il estime toutefois que les premiers affectés restent les commerçants des pays exportateurs eux-mêmes. « Le mouton de Tabaski est spécifique. Il est différent des moutons consommés quotidiennement », a-t-il déclaré, rappelant qu’après certaines restrictions prises autrefois par le Niger, plus de 3 000 moutons invendus étaient restés sur place après la fête. Malgré ces difficultés, il assure que la Côte d’Ivoire ne manquera pas de moutons pour la célébration de la Tabaski. Il reconnaît une légère baisse des arrivages extérieurs, mais juge la situation globalement maîtrisée. « Nous ne sommes pas au-delà de 20 % de déficit par rapport aux arrivages attendus », a-t-il précisé.

 Pour Dagnogo Komissiri, cette baisse a été largement compensée par la montée en puissance de la production nationale. Des éleveurs venus de Daloa et d’autres villes de l’intérieur du pays approvisionnent désormais les marchés d’Abidjan. « Ce qui n’est pas venu de l’extérieur a été comblé par la production nationale », a-t-il affirmé. Profitant de cette tribune, le représentant du MIRAH a plaidé pour un renforcement durable de la filière élevage en Côte d’Ivoire. Selon lui, les restrictions imposées par certains pays exportateurs constituent un signal fort invitant le pays à accélérer le développement de sa production locale. « Nous avons ce potentiel et nous devons le développer », a-t-il insisté. Le responsable a rappelé que la Côte d’Ivoire s’inscrit désormais dans une dynamique de transition entre sécurité alimentaire et souveraineté alimentaire. « La sécurité alimentaire, c’est avoir des produits disponibles et accessibles.

 La souveraineté alimentaire, c’est produire nous-mêmes ce que nous consommons », a-t-il expliqué. Il a également lancé un appel aux jeunes à investir davantage dans le secteur de l’élevage, qu’il considère comme une activité rentable et porteuse d’opportunités économiques. « La terre est là, l’eau est là, la végétation est là. Nous pouvons faire de l’élevage chez nous », a-t-il soutenu. Le conseiller technique a insisté sur la nécessité de professionnaliser davantage l’élevage en Côte d’Ivoire, estimant que cette activité ne peut plus être pratiquée de manière improvisée. Comparant l’élevage à la réparation d’un véhicule, il a souligné l’importance de la formation et des compétences techniques. « Quand une voiture tombe en panne, tout le monde ne peut pas venir la réparer. Il faut une formation », a-t-il illustré.

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Il a également mis l’accent sur les mesures de biosécurité dans les exploitations animales afin de prévenir les maladies. Faisant le parallèle avec la gestion de la pandémie de Covid-19, il a évoqué la nécessité de contrôler les mouvements dans les fermes, de limiter les entrées et sorties et de procéder régulièrement à des opérations de désinfection.

Enfin, revenant sur certaines rumeurs relayées sur les réseaux sociaux concernant des camions de bétail supposément bloqués à la frontière, il a appelé à la prudence face aux informations non vérifiées. « Si les commerçants nous avaient signalé officiellement des camions refoulés, nous aurions immédiatement saisi les autorités compétentes pour trouver une solution », a-t-il conclu.

Julien Koffi