Lutte contre l’orpaillage illégal : l’Ong ‘’Opinion Éclairée’’ plaide pour une justice climatique féministe

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Cette prise de position intervient quelques jours après le bilan présenté par le Conseil national de sécurité (CNS) sur les actions menées contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire. Le 23 juillet 2026, le CNS a salué les résultats obtenus par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI), créé en 2021. Entre 2021 et le premier semestre 2026, les opérations menées par le GS-LOI ont permis, selon les chiffres communiqués, le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal et le défèrement de 4 474 individus, dont 65 % seraient de nationalité étrangère. Les opérations ont également conduit à la saisie de plus de 960 millions de FCFA et d’environ 136 kilogrammes d’or, ainsi qu’à la confiscation et à la destruction de plusieurs engins et équipements utilisés dans ces activités.

Malgré ces résultats, le CNS a relevé la persistance et l’extension du phénomène sur le territoire national, avec des conséquences importantes sur l’environnement, la sécurité et l’économie. Face à cette situation, le président de la République a instruit le Premier ministre de renforcer les mesures de lutte, notamment à travers une implication accrue des autorités administratives, traditionnelles et coutumières, ainsi que des Forces de défense et de sécurité.

L’Ong Opinion Éclairée salue cette volonté des pouvoirs publics, tout en appelant à une prise en compte spécifique des impacts de l’orpaillage illégal sur les femmes et les communautés rurales. L’organisation cite notamment une étude menée par des chercheurs de l’Université Peleforo Gon Coulibaly, qui met en lumière des conséquences sociales telles que l’exploitation sexuelle et l’insécurité alimentaire.

L’Ong rappelle également les alertes déjà formulées sur les risques liés à l’utilisation de produits chimiques, notamment le mercure et le cyanure, dans les activités d’orpaillage clandestin. Ces substances contribuent à la dégradation des sols et peuvent rendre les terres impropres à l’agriculture, accentuant ainsi la vulnérabilité économique des femmes rurales. Pour Opinion Éclairée, les femmes rurales sont confrontées à un « triple fardeau » constitué de la pauvreté, des impacts climatiques et des inégalités liées au genre.

Dans ce contexte, l’organisation appelle les autorités ivoiriennes, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers à intégrer une analyse prenant en compte les réalités spécifiques des femmes dans les politiques de lutte contre l’orpaillage illégal. Elle recommande également de renforcer la protection et la réparation des communautés affectées, en accordant une attention particulière aux femmes cheffes de famille et aux coopératives agricoles féminines.

L’ONG souhaite par ailleurs que les femmes, les filles et les jeunes soient davantage associés aux décisions concernant la gestion des ressources minières et les stratégies d’adaptation climatique au niveau local. S’appuyant sur le Code de l’environnement ivoirien adopté en 2023, ainsi que sur les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire, notamment l’Objectif de développement durable 5, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, Opinion Éclairée estime que la lutte contre l’orpaillage illégal doit également s’inscrire dans une démarche de justice sociale et environnementale.

L’organisation précise enfin que son plaidoyer pour une justice climatique féministe ne constitue pas une opposition au développement. Elle dit plutôt s’opposer à un modèle extractif qui, selon elle, « sacrifie les droits des femmes et les écosystèmes ».

A travers cet appel, l’Ong Opinion Éclairée entend ainsi replacer les enjeux liés aux droits des femmes et à la protection de l’environnement au cœur des réponses apportées au phénomène de l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire.

Rodrigue Cofye