Le Conseil Coton Anacarde Karité (CCA-K) a officiellement lancé, ce vendredi 14 août 2026, la campagne 2026-2027 de commercialisation des amandes de karité. Le dispositif prévoit notamment le maintien du prix minimum bord champ à 250 FCFA/kg, le contrôle des transferts vers les unités industrielles et l’interdiction des exportations terrestres de noix et d’amandes.
Lors de cette conférence, le président du Conseil d’administration du Conseil Coton Anacarde Karité, Ehui Kouassi Jérôme, a présenté les principales mesures qui encadreront la campagne de commercialisation 2026-2027.
Au premier rang de ces dispositions figure le maintien du prix minimum bord champ à 250 FCFA le kilogramme pour les amandes de karité répondant aux normes de qualité, notamment bien séchées, bien triées et exemptes de matières étrangères.
La campagne est officiellement ouverte depuis le 13 août 2026. Toutefois, les transferts des camions d’amandes de karité vers les unités de transformation ne seront autorisés qu’à compter du 17 août 2026.

Autre mesure majeure : les achats auprès des collectrices et des acheteurs sont, jusqu’à nouvel ordre, exclusivement réservés aux unités de transformation. Le CCA-K entend ainsi mieux contrôler les circuits de commercialisation et favoriser l’approvisionnement des unités industrielles locales.
L’exportation des noix et amandes de karité par les frontières terrestres est, par ailleurs, formellement interdite.
Présent lors de la rencontre, le directeur général adjoint du Conseil Coton Anacarde Karité, Konaté Issa, a assuré que toutes les dispositions nécessaires seront prises afin de veiller au respect de ces nouvelles règles par l’ensemble des acteurs.
Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la réforme engagée depuis que l’État a confié la gestion de la filière karité au Conseil Coton Anacarde Karité, à travers l’ordonnance n°2025-259 du 23 avril 2025.
Depuis cette prise en charge, le Conseil a entrepris un vaste travail d’identification et de caractérisation des acteurs, ainsi que la mise en place d’outils destinés à renforcer la traçabilité et le suivi des opérations commerciales.
Les premiers résultats de cette démarche permettent désormais de disposer de données plus précises sur la filière. Au cours de la campagne 2025-2026, 168 acheteurs, 21 unités de transformation et 32 exportateurs ont été identifiés.
Le prix bord champ, fixé à 250 FCFA/kg, a fluctué entre 250 et 350 FCFA/kg, pour un prix moyen de 275 FCFA/kg sur l’ensemble de la campagne.

51 697 tonnes d’amandes enregistrées
Les données communiquées par le CCA-K révèlent également une progression de la connaissance des flux de la filière. Au titre de la campagne 2025-2026, 51 697 tonnes d’amandes de karité ont été enregistrées dans le circuit formel de commercialisation. Ces volumes ont été entièrement orientés vers les unités de transformation locales.
Dans le même temps, 14 078 tonnes de beurre de karité ont été exportées vers 13 pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique, confirmant l’existence d’un marché international pour les produits issus de la transformation du karité.
La Côte d’Ivoire compte aujourd’hui une vingtaine d’unités de transformation, pour une capacité industrielle installée estimée à environ 130 000 tonnes d’amandes par an.
Un potentiel qui reste cependant sous-exploité, puisque les volumes effectivement commercialisés demeurent largement inférieurs aux capacités disponibles.
La transformation locale comme priorité
Pour le CCA-K, l’un des principaux enjeux des prochaines années sera donc de réduire l’écart entre la capacité de transformation et les volumes collectés, en améliorant la production, la collecte et l’organisation des acteurs.
La priorité accordée aux unités de transformation traduit également la volonté des pouvoirs publics de faire davantage profiter l’économie nationale de la valeur créée par le karité.
Cette stratégie revêt une importance particulière pour les populations rurales et notamment pour les femmes, qui jouent un rôle central dans la collecte et la production des amandes.
Le développement de la transformation locale devrait ainsi permettre de créer davantage de valeur ajoutée, de soutenir les revenus ruraux et de renforcer la contribution du karité à l’économie nationale.
Au-delà des mesures applicables à la campagne 2026-2027, le CCA-K travaille à la mise en œuvre d’une réforme globale de la filière karité.
Celle-ci vise notamment à renforcer la gouvernance, la transparence, la traçabilité et l’efficacité des différents maillons de la chaîne de valeur.

Le président du Conseil d’administration, Ehui Kouassi Jérôme, a appelé l’ensemble des acteurs — collectrices, acheteurs, transformateurs et exportateurs à respecter les nouvelles dispositions et à maintenir un dialogue constructif avec le Conseil.
Pour les responsables du CCA-K, la réussite de cette réforme dépendra de l’implication de tous les acteurs.
Aimé Kouassi
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