Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé a procédé, le jeudi 17 septembre 2026 au Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët, à l’ouverture officielle de la 5ᵉ édition du Salon des Infrastructures d’Abidjan (SIA). Placée sous le thème « Digitalisation, économie circulaire et gestion durable des ressources dans le BTP », cette édition réunit les acteurs ivoiriens et guinéens autour des enjeux de transformation du secteur, de financement et de développement d’infrastructures durables.

À cette occasion, le chef du gouvernement ivoirien a appelé le secteur privé à prendre une place plus importante dans le développement des infrastructures. « Nous voulons que le secteur privé ne soit plus seulement exécutant des marchés publics. Nous voulons que le secteur privé soit davantage concepteur, investisseur, financier, exploitant et partenaire de long terme de l’État », a-t-il déclaré.
Pour Robert Beugré Mambé, cette dynamique est nécessaire pour accompagner les ambitions de développement de la Côte d’Ivoire et renforcer son intégration régionale. Il a notamment appelé à développer des routes reliant les pays, des corridors économiques performants ainsi que des plateformes portuaires, aéroportuaires et ferroviaires. « Nous devons agir ensemble pour développer nos infrastructures et améliorer la compétitivité de nos économies », a-t-il souligné.
Le Premier ministre a également insisté sur l’apport du numérique, de l’intelligence artificielle, du BIM, des systèmes intelligents de suivi des infrastructures et du recyclage des matériaux. Il a toutefois appelé les professionnels à conserver la maîtrise des décisions face à l’essor de l’intelligence artificielle. « L’intelligence artificielle nous engage à poser les bonnes questions », a-t-il relevé.

De son côté, le ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier, Yacouba Hien Sié, a rappelé les investissements réalisés dans le secteur routier. Depuis 2015, quelque 7 500 milliards de FCFA ont été investis, permettant notamment la construction de 3 000 km de routes interurbaines, 300 km de voiries urbaines et 153 km d’autoroutes, ainsi que la réhabilitation de plusieurs axes et la réalisation de grands ouvrages. Il a appelé à faire du SIA un espace de concrétisation des partenariats et non un simple lieu d’exposition.
Pays invité d’honneur de cette 5ᵉ édition, la Guinée était représentée par une importante délégation conduite par Faciné Sylla, ministre guinéen des Infrastructures et chef de la délégation guinéenne. Il a salué la qualité des relations entre les deux pays et invité les investisseurs ivoiriens à s’intéresser davantage au potentiel guinéen. « Aux investisseurs dans cette salle, le message est simple : ne regardez pas le potentiel guinéen de loin », a lancé Faciné Sylla. Il a présenté les opportunités liées à la construction, à l’entretien et à la réhabilitation des infrastructures, notamment dans le cadre de la stratégie nationale de développement « Simandou 2040 ».
Le chef de la délégation guinéenne a également insisté sur la nécessité de construire autrement. « Nous ne voulons plus seulement construire. Nous voulons construire mieux et durablement », a-t-il souligné, plaidant pour des projets mieux préparés, des financements adaptés, des entreprises performantes, le respect des délais et un contrôle renforcé de la qualité.
La digitalisation doit, selon lui, améliorer la planification de la commande publique et le suivi des chantiers, tandis que l’économie circulaire doit favoriser l’utilisation des matériaux locaux et le recyclage. « La durabilité doit être intégrée dès la conception des ouvrages », a-t-il ajouté.

Pour Lamine Koné, président du Groupement ivoirien du bâtiment et des travaux publics (GIBTP), la transformation du secteur repose sur trois leviers : la digitalisation, l’économie circulaire et la gestion durable des ressources. « La transformation digitale de notre secteur sera collective ou elle ne sera pas », a-t-il affirmé.
Le commissaire général du SIA, Ismaël Boga-N’Guessan, a indiqué que près d’une centaine d’exposants nationaux et internationaux sont présents à cette édition, avec environ 5 000 visiteurs professionnels attendus. Le président du comité scientifique, Paulin Kouassi, a, pour sa part, annoncé plusieurs panels, rencontres B2B, formations, un hackathon, un job dating et des démonstrations de matériels durant les trois jours du salon.
À travers cette édition, le SIA entend ainsi renforcer les échanges entre acteurs publics et privés et favoriser la transformation des discussions en projets, financements et infrastructures concrètes.
Julien Koffi
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