De 2003 à 2026, la commune du Plateau affirme avoir engagé plusieurs investissements pour transformer sa façade lagunaire. Après la démolition d’Oxy Park II dans la nuit du 11 au 12 septembre 2026, le Conseil municipal dénonce une intervention du District autonome d’Abidjan et annonce des démarches auprès de la tutelle.
Vingt-trois ans d’aménagement et une opération de démolition au centre d’un différend institutionnel. C’est la situation exposée, jeudi 24 septembre 2026, par le Conseil municipal du Plateau lors d’un point de presse organisé dans la salle panoramique de la Promenade lagunaire. Au cœur du dossier : les aménagements d’Oxy Park II, détruits dans la nuit du 11 au 12 septembre par des services du District autonome d’Abidjan. Pour la municipalité, cette intervention porte atteinte à des investissements réalisés dans le cadre de sa politique de valorisation de la berge lagunaire. Face à la presse, le Député-maire Jacques Gabriel Ehouo a retracé l’histoire du projet depuis 2003, année présentée comme le point de départ de la démarche d’aménagement de cette partie du Plateau. Plusieurs étapes ont ensuite conduit à la réalisation des deux premières phases de la Promenade lagunaire.
La municipalité a présenté le projet comme une opération destinée à transformer la berge lagunaire en un espace urbain consacré notamment aux loisirs, aux activités sportives et à la détente. Dans cette dynamique, le projet Smart Plateau devait poursuivre la modernisation de cet espace. Le mémorandum lu par Dr Bénédicte Aka-Kablan, Directrice de l’Environnement et du Cadre de vie, a rappelé la vision municipale et les investissements réalisés sur le budget communal. La commune entend désormais défendre ces investissements à la suite de la destruction d’Oxy Park II. Une vidéo projetée pendant le point de presse a permis aux journalistes de constater l’état des installations après le passage des engins. La municipalité a ainsi voulu documenter l’intervention et ses conséquences matérielles. Au-delà des dégâts matériels, c’est surtout la question des compétences entre collectivités qui se retrouve au centre du dossier.
Noorah Kamagate Sery, Sous-directrice des Affaires juridiques, a présenté l’analyse juridique de la mairie. Son intervention a porté sur les textes encadrant les attributions des communes et celles du District autonome d’Abidjan.
La municipalité conteste notamment le caractère de l’intervention qu’elle qualifie d’« unilatérale ». Elle entend désormais utiliser les voies institutionnelles et, le cas échéant, judiciaires pour faire valoir ses droits. Dr Emma Angoua, Conseillère municipale, a ensuite donné lecture de la proclamation adoptée par le Conseil municipal. Les élus y réaffirment leur soutien au Député-maire Jacques Gabriel Ehouo et leur détermination à défendre les investissements de la commune.
Pour le maire, l’affaire d’Oxy Park II ne constitue pas un épisode isolé. Jacques Gabriel Ehouo a rappelé plusieurs précédents différends liés aux compétences respectives de la mairie du Plateau et du District autonome d’Abidjan. Le Conseil municipal annonce ainsi des démarches auprès de la tutelle afin d’obtenir réparation du préjudice subi et de clarifier les conditions d’intervention des différentes institutions sur les espaces concernés. Parallèlement, la municipalité affirme vouloir poursuivre son programme d’aménagement de la berge. Le projet Plateau Arena Outdoor, présenté lors du point de presse, doit notamment compléter l’offre existante en matière de loisirs et de sports de plein air.
Après 23 années d’évolution du projet, la Promenade lagunaire se retrouve donc au cœur d’un nouveau bras de fer institutionnel. La suite du dossier devrait désormais se jouer sur les terrains administratif et juridique, avec en toile de fond la question de la protection des investissements publics et de la répartition des compétences entre les collectivités concernées.
Julien Koffi
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