Au-delà du textile, Exportain veut donner une visibilité internationale aux PME bangladaises spécialisées notamment dans le jute, le cuir, l’agroalimentaire et les produits de la mer. Une initiative qui pourrait ouvrir de nouvelles opportunités de sourcing aux importateurs d’Afrique de l’Ouest.
Le Bangladesh veut élargir son offre à l’export. Si le textile et l’habillement restent les secteurs emblématiques de son économie d’exportation, le pays dispose également d’un tissu important de petites et moyennes entreprises actives dans d’autres filières. Pour faciliter leur accès aux marchés internationaux, une nouvelle plateforme numérique mise sur le commerce interentreprises.
Baptisée Exportain, cette place de marché B2B, fondée en 2026 à Dacca par MD Tamim Mohabbat, se présente comme une plateforme destinée à mettre en relation des acheteurs internationaux avec des fabricants et exportateurs bangladais.
Elle couvre une vingtaine de catégories de produits, parmi lesquelles le jute, le cuir, la maroquinerie, les produits alimentaires transformés et les produits de la mer.
Réduire les obstacles du sourcing international
Pour les PME qui souhaitent importer directement, l’identification de fournisseurs fiables constitue souvent une première difficulté. À cela s’ajoutent les questions relatives aux quantités minimales de commande, aux conditions de paiement, au transport et aux différents Incoterms, notamment FOB, CIF, EXW ou DAP.
Exportain entend apporter une réponse à ces contraintes en proposant un point d’accès numérique permettant aux acheteurs de découvrir l’offre de fabricants bangladais et d’entrer directement en contact avec eux.
L’objectif affiché est de réduire la distance entre les entreprises productrices et les acheteurs internationaux, en facilitant l’accès à l’information et les échanges commerciaux.
Le Bangladesh veut sortir du tout-textile
L’un des intérêts de cette initiative réside dans la mise en avant de secteurs moins connus de l’offre exportatrice bangladaise.
Le jute, le cuir, les produits agroalimentaires transformés ou encore les produits de la mer constituent autant de filières dans lesquelles des entreprises locales disposent d’un savoir-faire et cherchent de nouveaux débouchés.
La présence de ces PME sur une plateforme numérique spécialisée peut ainsi contribuer à leur visibilité auprès d’acheteurs qui, jusqu’ici, ne disposaient pas nécessairement d’un accès direct à leurs offres.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large de diversification des exportations du Bangladesh et d’intégration des petites entreprises aux circuits du commerce international.
Un intérêt potentiel pour l’Afrique de l’Ouest
L’initiative présente également un intérêt pour les marchés ouest-africains. Les importateurs de Côte d’Ivoire et de plusieurs pays de l’espace UEMOA et CEDEAO se tournent déjà vers les fournisseurs asiatiques pour différents produits manufacturés et agroalimentaires.
L’accès direct à de nouveaux fabricants bangladais pourrait leur permettre d’élargir leurs sources d’approvisionnement et d’explorer des segments encore peu exploités, notamment dans le jute, le cuir, les sacs ou certains produits alimentaires transformés.
Pour un importateur basé à Abidjan, Dakar ou Lagos, la possibilité de découvrir plusieurs fournisseurs en ligne, de comparer leurs offres et d’échanger directement avec eux peut constituer un gain de temps dans la phase initiale du sourcing.
La logique est également favorable aux entreprises bangladaises, qui cherchent à diversifier leurs débouchés au-delà de leurs marchés traditionnels.
Vers de nouveaux corridors commerciaux Sud-Sud ?
Au-delà de la technologie, l’enjeu est donc celui de la création de nouvelles relations commerciales entre économies émergentes.
La numérisation du commerce B2B tend à réduire certaines barrières traditionnellement associées au commerce international : difficulté d’identification des fournisseurs, manque d’information sur les produits ou absence de contacts directs.
Mais la mise en relation numérique ne règle pas à elle seule les questions de confiance, de qualité, de conformité, de paiement ou de logistique. Pour qu’un tel modèle s’inscrive durablement dans les échanges internationaux, la fiabilité des fournisseurs et la sécurisation des transactions resteront déterminantes.
Pour les PME bangladaises comme pour les importateurs ouest-africains, l’enjeu consiste donc à transformer la visibilité numérique en véritables relations commerciales.
Si cette dynamique se confirme, des plateformes comme Exportain pourraient contribuer à rapprocher davantage les entreprises du Bangladesh et celles d’Afrique de l’Ouest, et participer à l’émergence de nouveaux corridors du commerce Sud-Sud.
Aimé Kouassi
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