CRISE A LA MATCA : Beugré Amos, Dga du Trésor injustement mis en cause

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La crise qui secoue actuellement la Mutuelle d’assurance des taxis-compteurs d’Abidjan (MATCA), sur fond d’interrogations relatives à sa gouvernance durant la période de surveillance permanente, suscite de nombreuses réactions. Dans ce contexte, des prises de position tendent à mettre en cause la responsabilité de M. Beugré Amos, Directeur général adjoint du Trésor et de la Comptabilité publique. Une clarification apparaît nécessaire afin de situer précisément son rôle dans ce dossier.

Contrairement à certaines insinuations susceptibles d’entretenir la confusion dans l’opinion, l’intervention de Beugré Amos dans le dossier de la MATCA s’inscrit dans un cadre institutionnel précis : il a représenté le ministre des Finances et du Budget à la cérémonie d’installation de l’Administrateur provisoire de la Mutuelle.

En effet, le mardi 20 mai 2025, au siège de la MATCA, au Plateau, M. Beugré Amos a procédé, au nom du ministre, à l’installation de M. Dicoh Balamine, nommé Administrateur provisoire de la Mutuelle par arrêté. Cette cérémonie officielle marquait ainsi la prise de fonction du responsable désigné pour conduire la mission d’administration provisoire.

Il convient également de rappeler que la mise sous administration provisoire de la MATCA a été proposée par la Commission régionale de contrôle des assurances (CRCA), organe de contrôle du secteur des assurances dans l’espace de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), qui regroupe quatorze États membres, dont la Côte d’Ivoire.

Lors de la cérémonie d’installation, M. Beugré Amos avait rappelé que la désignation d’un Administrateur provisoire visait notamment à préserver les intérêts des sociétaires et des usagers des taxis-compteurs. Au nom du ministre des Finances et du Budget, il avait également invité les différentes parties prenantes à collaborer avec le nouvel administrateur afin de favoriser un climat d’apaisement et de permettre à la Mutuelle de retrouver sa stabilité. « Il convient de ramener la paix au sein de la MATCA car sans la paix rien ne peut se construire », avait-il souligné.

Ces déclarations traduisaient l’appel des autorités à la responsabilité collective, à la collaboration et à la recherche de solutions dans l’intérêt des sociétaires et des usagers concernés.

Face aux controverses actuelles, il importe de distinguer les fonctions exercées par les différents acteurs institutionnels. La représentation du ministre lors d’une cérémonie officielle d’installation ne constitue pas une preuve de responsabilité dans les décisions de gestion antérieures de la Mutuelle, pas plus qu’elle ne permet d’attribuer automatiquement à son représentant la conduite des opérations relevant de l’Administrateur provisoire.

Tout au long de sa carrière au sein du Trésor public, M. Beugré Amos a consacré son parcours professionnel au domaine de la comptabilité publique, notamment à travers la Direction de la Comptabilité publique. Son expérience en qualité d’Inspecteur Vérificateur principal s’inscrit dans ce champ de compétences et ne saurait être interprétée comme la preuve d’une quelconque responsabilité dans le contrôle ou la vérification de la gestion de la Direction des assurances.

Assimiler son parcours professionnel à des fonctions qu’il n’a pas exercées revient à entretenir une confusion préjudiciable à la compréhension des faits. Dans un dossier aussi sensible que celui de la MATCA, la rigueur commande de s’en tenir aux attributions effectivement exercées, aux responsabilités établies et aux documents officiels, plutôt qu’à des interprétations susceptibles d’alimenter la polémique.

Les interrogations relatives à la gouvernance de la MATCA méritent des réponses fondées sur des faits vérifiables, des documents officiels et l’identification précise des responsabilités de chaque intervenant. Elles ne sauraient justifier des amalgames ou des imputations qui ne seraient pas étayées par des éléments probants.

Dans un dossier aussi sensible, la transparence, la rigueur et le respect des compétences institutionnelles doivent prévaloir. L’enjeu essentiel demeure la préservation des intérêts des sociétaires, le rétablissement d’un fonctionnement serein de la MATCA et la recherche de solutions durables à la crise.

Aimé Kouassi