Après plusieurs années d’attente autour du programme immobilier lié à Akwaba City, SOPHIA SA annonce une offre de remboursement intégral des cotisations des enseignants du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD), pour un montant global annoncé de 3 milliards de FCFA. L’annonce a été faite ce mercredi 28 octobre 2026 par le PDG de l’entreprise, Touré Ahmed Bouah, lors d’une rencontre avec les responsables du mouvement à la cathédrale du Plateau, à Abidjan. Du côté syndical, le secrétaire général national du MIDD, Paul Agbo, privilégie également une issue fondée sur le remboursement des adhérents.

Trois milliards de FCFA pour répondre à une attente devenue difficile à prolonger. Le président-directeur général de SOPHIA SA, Touré Ahmed Bouah, a annoncé la fin du programme immobilier du MIDD dans sa configuration initiale et une offre de remboursement intégral des cotisations versées par les enseignants. Cette décision fait suite aux difficultés rencontrées dans la réalisation du projet Akwaba City, auquel était rattaché le programme. Face aux responsables du mouvement, le dirigeant a reconnu le poids de cette décision pour les souscripteurs, dont les contributions représentaient bien plus qu’un simple engagement financier. « Derrière ces cotisations, il y a des années de travail, des sacrifices familiaux, des projets de vie et l’espoir légitime de devenir propriétaire », a-t-il déclaré, mesurant les conséquences de cette issue pour les enseignants concernés. Selon les chiffres communiqués, le programme comptait plus de 5 000 souscripteurs, dont 3 000 ont déjà été remboursés. Le montant global annoncé pour les cotisations concernées par l’opération s’élève à 3 milliards de FCFA. La suite du processus nécessitera un rapprochement des comptes individuels et la vérification des justificatifs de versement afin de confirmer les sommes dues à chaque bénéficiaire.
Pour expliquer cette décision, Touré Ahmed Bouah est revenu sur l’histoire d’Akwaba City, un projet engagé depuis 2008 dans un cadre d’intervention de l’État, puis formalisé par une convention de concession à SOPHIA SA. Conçu comme une opération de développement territorial, il devait associer aménagement urbain, équipements, activités économiques et programmes immobiliers. Sa réalisation dépendait notamment de la mobilisation du foncier, de la libération des sites et de plusieurs procédures administratives. Mais, selon le PDG, l’arrêté d’approbation attendu n’a pas été obtenu malgré les démarches entreprises. Cette situation aurait progressivement compromis les équilibres nécessaires à la poursuite du projet. « On ne peut demander indéfiniment à des familles de suspendre leur avenir à une décision administrative qui ne vient pas », a-t-il affirmé, évoquant les années d’attente auxquelles les souscripteurs ont été confrontés. Le dirigeant a également mentionné des difficultés de gouvernance, des divisions et des rivalités au sein des structures concernées, tout en précisant que ces éléments ne devaient pas conduire à mettre indistinctement en cause les responsables et les adhérents du MIDD. Il a par ailleurs souligné que l’arrêté de concession définitive dont disposait le programme ne suffisait pas, à lui seul, à garantir la réalisation des infrastructures et des équipements nécessaires à l’aboutissement du projet dans son ensemble.
Du côté syndical, la démarche se veut pragmatique face à une situation qui perdure depuis plusieurs années. Paul Agbo, secrétaire général national du MIDD depuis 2021 et engagé dans ce dossier depuis près de 18 ans, a choisi, selon les éléments présentés, de faire face à la réalité plutôt que de prolonger une impasse. Pour la direction du syndicat, le remboursement généralisé des cotisations apparaît comme l’issue privilégiée pour apaiser les tensions, mettre un terme aux différentes tracasseries judiciaires, policières, médiatiques et politiques, et permettre aux adhérents de sortir de cette crise dans des conditions dignes. Cette orientation place désormais la question du remboursement au centre des attentes des souscripteurs. Au-delà de la fin du programme immobilier, l’enjeu est de permettre aux enseignants concernés de connaître précisément leur situation et de récupérer les sommes auxquelles ils peuvent prétendre.
Touré Ahmed Bouah a rappelé que SOPHIA SA avait déjà procédé à des remboursements au profit de plusieurs catégories de souscripteurs, notamment des militaires, des personnels des Eaux et Forêts, de la Police nationale, des services maritimes et pénitentiaires, des Douanes et du Port, ainsi que des enseignants du SYNESCI et des éducateurs d’internat. Il a également évoqué le dossier des anciens militaires, pour lequel des remboursements à hauteur de 15 milliards de FCFA auraient été effectués, selon ses déclarations. Pour les enseignants du MIDD, le processus annoncé prévoit l’identification des bénéficiaires, le rapprochement des comptes et la confirmation des montants dus sur la base des justificatifs de versement. Les modalités pratiques et le calendrier d’exécution restent à formaliser et à communiquer aux souscripteurs. Reconnaissant les limites de cette réponse face aux attentes initiales, le PDG a admis que le remboursement ne pourrait effacer les années d’attente ni remplacer le projet d’accession à la propriété espéré par les familles. « Je sais que le remboursement ne rendra pas les années d’attente. Il ne remplacera pas entièrement l’espoir d’une maison longtemps désirée. Mais il constitue une réponse concrète et nécessaire », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de traduire cette annonce en actes.

Parallèlement à l’opération de remboursement, SOPHIA SA entend faire examiner, dans les cadres appropriés, les responsabilités liées aux blocages d’Akwaba City ainsi que les préjudices que l’entreprise estime avoir subis. Touré Ahmed Bouah a toutefois insisté sur la nécessité de distinguer ces différends de la situation des enseignants. Selon lui, les souscripteurs ne doivent pas rester dans l’incertitude sur leurs cotisations en raison des difficultés rencontrées par le projet. « Leur épargne mérite un traitement précis. Leur dignité exige une parole claire », a-t-il souligné, réaffirmant sa volonté de répondre aux préoccupations des bénéficiaires. Le dirigeant a enfin appelé les souscripteurs à juger SOPHIA SA sur l’exécution de l’engagement annoncé. « Akwaba City prend fin dans le cadre que nous avions porté. Le programme MIDD s’arrête. Notre engagement envers les enseignants demeure et prend désormais la forme du remboursement de leurs cotisations », a-t-il conclu. Au terme de cette rencontre, l’attention se porte désormais sur la formalisation du calendrier de remboursement et son exécution effective. Pour les enseignants qui attendent encore de récupérer leur épargne, la concrétisation de cet engagement constituera l’étape déterminante de ce dossier immobilier.
Julien Koffi
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