La BAD Finance le Programme Nigérien d’Appui à la Gouvernance du Secteur de l’Energie et à la Compétitivité

Le Niger est un pays membre de l'AES

Alors que la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) du Niger a considérablement grimpé, comparée à 2023 mais nettement moins qu’en 2022, et que sa capacité de production journalière de pétrole devrait passer de 10.000 barils à 90 000 barils, voire 110.000 barils, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, où 80% de la population vit en zone rurale, à peine 22,5% des Nigériens ont accès à l’électricité. Cette situation y contraint les ménages à dépendre de la biomasse pour 94% de leurs besoins énergétiques, entrave la création d’emplois et limitent la croissance de l’économie Nigérienne.

A la lecture de ces donnée, ce programme intervient donc à un moment crucial pour un Niger en pleine reconstruction économique. Pour Lamin Barrow, le Directeur Général du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour l’Afrique de l’Ouest, ce programme représente l’engagement de l’institution financière multilatérale régionale à soutenir la reprise économique et l’indépendance énergétique du Niger. « En améliorant l’accès à l’énergie et en renforçant les cadres de gouvernance, nous contribuons à asseoir les fondations d’une croissance durable qui bénéficiera à tous les Nigériens, en particulier aux populations les plus vulnérables. » Affirme-t-il.

Dans le détail, l’appui octroyé par la BAD devrait permettre de faire monter l’accès national à l’électricité, au Niger, à 30% d’ici 2026 et de hausser la contribution manufacturière au PIB Nigérien de 2,5% à 3,8%. Le programme, financé à hauteur de 81,9 milliards FCFA par l’institution, comprend également le développement des capacités d’énergie renouvelable, avec des plans pour 240 MW d’énergie solaire à l’horizon 2030, dont 50 MW avant décembre 2026.

Au-delà du seul secteur énergétique, le programme adressera aussi des défis critiques de gouvernance en renforçant les systèmes de gestion des finances publiques, particulièrement en matière de mobilisation des recettes fiscales et de méthode de contrôle. Il soutiendra, par ailleurs, l’apurement des arriérés intérieurs, le dialogue public-privé, ainsi que l’adoption d’une politique industrielle et commerciale. Le tout, pour accroître l’accompagnement apporté au secteur privé Nigérien.

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Graphique : KOFFI-KOUAKOU Laussin
Le programme met, entre autres, l’accent sur l’inclusion sociale et prévoit, pour ce faire, des mesures spécifiques au profit des personnes déplacées internes, aux femmes et aux jeunes. Pour rappel, en raison des défis sécuritaires dans la région du Sahel, plus de 507.000 personnes sont actuellement déplacées internes au niveau national, au Niger, selon les chiffres recensés disponibles. Formellement adopté par décret, le compact énergétique stratégique du Niger devrait, en outre, attirer 299,5 milliards FCFA supplémentaires d’investissement du secteur privé. Et ce, d’ici 2030.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

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