Le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, participe du 14 au 16 septembre 2026, à Amsterdam, à la 82ᵉ réunion du Conseil exécutif du Common Fund for Commodities (CFC). Au cœur des discussions : le financement des PME agricoles et des coopératives, le suivi des investissements en cours et le développement de chaînes de valeur durables. Avec une préoccupation centrale : améliorer les revenus des petits exploitants agricoles.

À Amsterdam, la Côte d’Ivoire entend faire entendre la voix de ceux qui sont au début de la chaîne de valeur : les producteurs. Depuis le 14 septembre, Bruno Nabagné Koné prend part aux travaux du Conseil exécutif du Common Fund for Commodities, institution internationale dédiée notamment au financement du développement des chaînes de valeur liées aux matières premières. À ses côtés, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire aux Pays-Bas, Mifougo Diarrassouba, participe également aux travaux. Pour Abidjan, cette présence constitue une occasion de défendre les priorités agricoles du pays dans un cadre international consacré aux enjeux de financement, de compétitivité et de durabilité.
Trois dossiers sur la table
Les discussions d’Amsterdam s’articulent autour de trois axes majeurs. Le premier concerne le financement des PME agricoles et des coopératives, acteurs essentiels de nombreuses chaînes de valeur mais souvent confrontés à des difficultés d’accès aux ressources financières. Le deuxième porte sur le suivi des investissements en cours, afin d’évaluer l’avancement des projets soutenus et leur impact sur les économies locales. Le troisième concerne le développement de chaînes de valeur durables, capables notamment de mieux résister aux effets du changement climatique et aux mutations des marchés internationaux. Derrière ces dossiers techniques se trouve une préoccupation très concrète : permettre aux exploitants agricoles d’améliorer leurs conditions de production et de disposer de revenus plus stables.
Le petit exploitant au cœur de l’équation
Pour la Côte d’Ivoire, cette question revêt une importance particulière. L’économie nationale reste fortement liée aux performances de ses filières agricoles, notamment le cacao, le café, l’hévéa, l’anacarde et plusieurs autres produits destinés aux marchés internationaux. Le défi consiste désormais à faire en sorte que la création de valeur ne profite pas uniquement aux maillons situés en aval des chaînes de production. Le financement des coopératives, l’accompagnement des PME agricoles et la structuration des filières apparaissent ainsi comme des leviers susceptibles de renforcer la capacité des producteurs à investir, à améliorer leur productivité et à mieux résister aux aléas économiques et climatiques.
La Côte d’Ivoire à la table des matières premières
Amsterdam devient ainsi, pendant trois jours, un espace de réflexion sur l’avenir des matières premières et sur la manière dont les financements internationaux peuvent se traduire en résultats sur le terrain. Le CFC joue notamment un rôle de financement et d’appui aux projets liés aux produits de base dans les pays en développement. Ses réunions permettent d’examiner les investissements, d’arrêter des orientations et de suivre les initiatives engagées. La participation ivoirienne prend donc une dimension particulière. En tant que grande économie agricole d’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire entend contribuer aux réflexions internationales sur les conditions d’une agriculture plus compétitive, durable et inclusive.

Des décisions attendues sur le terrain
Au-delà des discussions institutionnelles, l’enjeu demeure celui des résultats concrets. Pour les producteurs et les coopératives, l’impact d’une réunion internationale se mesure moins au nombre de rencontres qu’à la capacité des décisions prises à faciliter l’accès au financement, soutenir les investissements productifs et améliorer durablement les revenus. À Amsterdam, Bruno Koné défend ainsi une approche qui place les petits exploitants au cœur des politiques de développement des matières premières.
Pour la Côte d’Ivoire, l’objectif est désormais de faire le lien entre les décisions prises autour des grandes tables internationales et les réalités vécues dans les exploitations agricoles. Car derrière les matières premières, les chaînes de valeur et les mécanismes de financement, il y a d’abord des hommes et des femmes dont les revenus dépendent directement de la terre.
Rodrigue Cofye
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