Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le nouveau Document de stratégie pays (DSP) de la Namibie, prévoyant un financement de 1,78 milliard de dollars, soit environ 1 068 milliards de FCFA, pour soutenir la transformation économique et une croissance inclusive sur la période 2025-2030.
Cette stratégie vise à répondre aux défis socio-économiques majeurs du pays, où le chômage des jeunes dépasse 40 % et où le revenu par habitant a chuté de 5 942 dollars (3,56 millions FCFA) en 2012 à 4 240 dollars (2,54 millions FCFA) en 2024.
Pour Moono Mupotola, directrice générale adjointe pour l’Afrique australe et cheffe du bureau pays de la BAD en Namibie, cette stratégie marque « un tournant décisif » pour le pays :
« En nous focalisant sur les infrastructures stratégiques et le développement du capital humain, nous jetons les bases d’une croissance inclusive qui profitera à tous les Namibiens, en particulier aux jeunes. »
Moderniser les infrastructures clés
La première priorité du DSP consiste à investir dans les infrastructures de transport, énergie, eau potable et assainissement.
Ces investissements permettront de réduire les coûts pour les entreprises, d’améliorer la productivité, de positionner la Namibie comme un hub logistique régional, de renforcer la sécurité énergétique grâce aux énergies renouvelables, d’élargir l’accès à l’eau potable en zones rurales.
Renforcer le capital humain et l’emploi
La seconde priorité porte sur le développement des compétences techniques et professionnelles adaptées au marché, la création de passerelles entre formation et emploi, l’appui aux micros, petites et moyennes entreprises (MPME), la promotion de l’autonomisation économique des femmes.
La mise en œuvre du DSP permettra de diversifier l’économie au-delà du secteur minier et agricole, d’intégrer les MPME dans les chaînes de valeur régionales, de renforcer les capacités de production, de créer des milliers d’emplois directs et indirects.
L’amélioration des infrastructures devrait également porter l’accès à l’électricité de 59,5 % à la couverture universelle, renforcer les échanges commerciaux avec l’Angola et la Zambie, réduire significativement les coûts logistiques, soutenir les engagements climatiques de la Namibie, positionner le pays comme un leader africain de l’hydrogène vert.
Un contexte mondial difficile, mais une stratégie résiliente
Mme Mupotola a souligné que la Namibie est confrontée à de nouveaux défis liés aux récentes hausses tarifaires imposées par les États-Unis, à la baisse de l’aide publique au développement. « Notre stratégie renforce la résilience en diversifiant les marchés d’exportation, en approfondissant l’intégration régionale et en développant les capacités de production nationales. »
Une décennie d’investissements déjà significative
Au cours des dix dernières années, le Groupe de la BAD a investi 658,1 millions de dollars, soit environ 394,86 milliards de FCFA, dans des projets structurants tels que : l’extension du port de Walvis Bay, la modernisation du réseau ferroviaire, le financement de 27 établissements scolaires dans les 14 régions du pays.
Le DSP de la Namibie est conforme aux Quatre points cardinaux de la BAD, à la Vision 2030 de la Namibie, à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Sa mise en œuvre démarre immédiatement, avec les premières opérations opérationnelles prévues début 2026.
Aimé Kouassi
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