La Chine a officiellement lancé, le vendredi 26 décembre, un Fonds national d’orientation des investissements dans les start-ups, doté d’un capital initial de 100 milliards de yuans, soit environ 7 931 milliards de FCFA (7,93 billions de FCFA), dans le but de soutenir la croissance de champions technologiques nationaux et d’accélérer l’émergence d’entreprises stratégiques.
Ce dispositif, initié conjointement par le Ministère des Finances et la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), repose sur l’émission d’obligations souveraines spéciales à très long terme. Sa mise en place s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement chinois de renforcer l’auto-suffisance dans des secteurs technologiques clés face à une concurrence accrue avec les États-Unis, notamment dans les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, la biotechnologie et d’autres technologies dites « hard tech ».
Outre le fonds national, trois fonds régionaux d’envergure ont également été lancés simultanément, couvrant les zones stratégiques du Grand Bay Area Guangdong-Hong Kong-Macao, du delta du Yangtsé et de la région Pékin-Tianjin-Hebei. Ensemble, ces fonds régionaux devraient mobiliser des capitaux additionnels estimés à plusieurs dizaines de milliards de yuans, ce qui représente potentiellement plusieurs milliers de milliards de FCFA à l’échelle des zones concernées.
Le fonds national est structuré pour une durée de 20 ans, comprenant une première décennie dédiée aux investissements directs et une seconde pour les sorties et cessions d’actifs. Cette approche à long terme vise à assurer un accompagnement continu des entreprises innovantes, notamment celles en phase de démarrage ou de croissance intermédiaire, souvent confrontées à des contraintes d’accès au financement.
Dans un contexte marqué par un durcissement des conditions budgétaires, avec une hausse des risques liés à la dette et une réduction des recettes publiques, Pékin cherche à optimiser l’impact de chaque yuan investi, tout en attirant des apports privés significatifs pour amplifier l’effet de levier des capitaux publics. Ce modèle de fonds « d’orientation » est conçu pour attirer des co-investisseurs institutionnels et des investisseurs privés afin d’élargir l’écosystème d’innovation.
Cette initiative intervient alors que l’essor de certaines start-ups chinoises spécialisées dans l’intelligence artificielle, telles que DeepSeek, illustre le rôle potentiellement catalytique du capital privé dans le développement de technologies de pointe, tout en soulignant la nécessité d’appui étatique pour franchir les paliers de maturité exigeants en capital. (Sources locales).
L’objectif affiché du gouvernement est double : favoriser l’émergence de licornes locales dans tous les secteurs technologiques d’avenir et soutenir la croissance de « petits géants » — ces PME innovantes alignées sur les priorités stratégiques nationales — susceptibles de renforcer la compétitivité globale de l’économie chinoise.
Avec ce plan de capital-risque d’une ampleur historique, Pékin entend non seulement stimuler l’innovation domestique mais aussi réduire sa dépendance technologique envers des fournisseurs étrangers, en particulier dans des segments jugés critiques pour la sécurité économique et nationale.
Aimé Kouassi
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