Le Syndicat de la nouvelle génération des transitaires et importateurs de véhicules d’occasion de Côte d’Ivoire (SNGTIVO-CI) tire la sonnette d’alarme sur les nouvelles pratiques tarifaires et les difficultés rencontrées au Port Autonome d’Abidjan.
Depuis décembre 2025, les importateurs de véhicules d’occasion se voient imposer de nouveaux frais obligatoires ainsi qu’une procédure d’enlèvement revue. Selon le syndicat, le dépotage de chaque conteneur est désormais facturé à 531.000 FCFA, tandis que le transfert d’engins lourds vers certaines zones, notamment sur la route de Grand-Bassam, entraîne un prélèvement supplémentaire de 59.000 FCFA par le Terminal Roulier d’Abidjan (TERRA). Face à la presse le mardi 10 février 2026, ils ont dénoncé plusieurs pratiques qui étouffent leur secteur d’activité.
Ces frais viennent s’ajouter aux cautionnements imposés par les consignataires, tels qu’OMA et Maersk, allant de 700.000 FCFA à 2.500.000 FCFA, ainsi qu’aux 77.000 FCFA exigés par Abidjan Terminal. Le syndicat déplore également des tracasseries répétées pour la sortie des véhicules du Port vers le Parc sous douane à Aeria, amplifiées par des retards dans la transmission électronique des documents par Maersk, entraînant des surestaries considérées comme injustifiées.
Des interrogations et un silence inquiétant
Face à cette situation, le SNGTIVO-CI a saisi à plusieurs reprises la structure TERRA, la Direction du Port Autonome d’Abidjan ainsi que le ministère des Transports et des Affaires Maritimes, afin de trouver des solutions durables pour les importateurs.
Malgré ces démarches, le syndicat dénonce un silence persistant des autorités portuaires et ministérielles, laissant subsister de nombreuses interrogations : Quelle loi autorise TERRA à appliquer ces nouveaux montants ? Les factures émises par TERRA, avec deux timbres de 500 FCFA, sont-elles conformes aux normes comptables ? Ces frais pourraient-ils constituer une forme déguisée de taxe sur le tonnage des véhicules, suspendue en 2024 suite aux protestations des importateurs ? Pourquoi le Port Autonome et le Ministère restent-ils silencieux face à ces montants controversés ? TERRA dispose-t-elle des moyens techniques pour gérer seule le flux des conteneurs au dépotage ? Le monopole de TERRA et sa convention avec le Port sont-ils utilisés pour freiner l’importation de véhicules ?
Le SNGTIVO-CI insiste sur le fait que son intention n’est pas de paralyser le port, principal moteur de l’économie ivoirienne. Toutefois, le syndicat se dit prêt à intensifier ses actions si aucune réponse n’est apportée aux importateurs affectés. « Nous protestons avec véhémence contre ces frais portuaires opaques et appelons les importateurs à rester vigilants. Nous reviendrons incessamment avec des directives », a déclaré Platine N’Guessan, Secrétaire Général du SNGTIVO-CI.
Rodrigue Cofye
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