Réunie du 9 au 11 février 2026 à Abidjan, la 50ᵉ Assemblée Générale Annuelle de la FANAF a été l’occasion de dresser le bilan de cinquante années d’existence et d’ouvrir une réflexion stratégique sur l’avenir du secteur des assurances en Afrique.
Intervenant à cette rencontre de haut niveau, Géraldine Mermoux, Directrice Générale Associée de FINACTU, a lancé un appel clair : le développement durable de l’assurance africaine passe par une coordination renforcée et structurée de l’ensemble des acteurs de l’écosystème.
Un secteur au potentiel encore sous-exploité
Malgré son importance économique et sociale, l’assurance en Afrique demeure faiblement développée. Le taux de pénétration moyen s’établit à 2,4 %, contre 7,0 % au niveau mondial et jusqu’à 11,7 % dans les économies matures.
Pour FINACTU, ce différentiel ne traduit pas un retard irréversible, mais révèle surtout un gisement de croissance considérable. Encore faut-il enclencher une dynamique collective, dépassant les réformes ponctuelles ou isolées.
« L’assurance ne se développera bien que si assureurs, États, réassureurs, intermédiaires et assurés travaillent de concert », a souligné Géraldine Mermoux, insistant sur la nécessité d’un engagement clair et mesurable de chaque partie prenante.
La coordination, condition clé du décollage
FINACTU a rappelé que l’assurance est un secteur d’écosystème, mobilisant autorités publiques, superviseurs, compagnies, intermédiaires, magistrats, forces de l’ordre et assurés. Dans un tel environnement, l’absence de coordination affaiblit la confiance et freine la croissance du marché.
À l’inverse, les expériences menées dans plusieurs pays montrent que des dispositifs structurés de concertation – notamment les « contrats-programmes » associant tous les acteurs – ont permis un véritable changement d’échelle.
La supervision joue également un rôle central. Une autorité forte, cohérente et équitable, capable d’exercer son pouvoir de contrôle avec fermeté lorsque nécessaire, constitue un levier décisif de crédibilité pour le secteur.
Le rôle stratégique des associations professionnelles
FINACTU a mis en lumière le rôle structurant des fédérations et associations professionnelles, capables d’agir comme facilitateurs de coopération entre secteur privé et pouvoirs publics. Des exemples en Côte d’Ivoire, au Maroc et en Tunisie illustrent l’efficacité de ces mécanismes lorsqu’ils sont portés par une vision partagée.
Dans cette perspective, la FANAF apparaît comme un acteur clé du dispositif continental, en tant que plateforme de dialogue et de convergence stratégique.
Le contrat-programme, outil de transformation
Au cœur de la proposition de FINACTU figure le contrat-programme, instrument permettant de formaliser les engagements des différentes parties autour : d’objectifs clairs, d’actions prioritaires, d’indicateurs de suivi mesurables.
Ce cadre contractuel favoriserait une discipline collective et une responsabilisation effective de chaque acteur, condition essentielle d’une transformation durable.
« Les prochaines décennies ne seront pas celles de l’assurance isolée, mais celles de l’assurance coordonnée », a affirmé Géraldine Mermoux, appelant la FANAF à jouer pleinement son rôle de trait d’union entre acteurs privés, autorités publiques et instances de supervision.
À Abidjan, le message est clair : l’avenir de l’assurance africaine dépendra moins de réformes fragmentées que de la capacité du secteur à se structurer autour d’une vision commune, concertée et durable.
Aimé Kouassi
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