À peine installé à la tête du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné , a effectué une immersion sur le terrain, ce mercredi 18 février 2026 , à Adzopé . Ce, à la rencontre des producteurs et des responsables de coopératives agricoles. Une démarche qui traduit la volonté du nouveau ministre d’ancrer son action dans l’écoute, la proximité et la recherche de solutions concrètes.

S’exprimant devant les acteurs de la filière café-cacao, il a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture dans l’économie ivoirienne. « Nous ne pouvons réussir sans travailler avec les acteurs de terrain, sans écouter celles et ceux qui vivent au quotidien les réalités agricoles », a-t-il affirmé. Non sans souligner que sa mission s’inscrit dans la modernisation du secteur, la réduction de la pénibilité du travail et l’amélioration durable de la productivité.
L’ambition affichée repose sur des objectifs clairs. Il s’agit de préserver l’équilibre des filières, sauvegarder les revenus des producteurs et renforcer la compétitivité de l’agriculture ivoirienne, tout en garantissant des conditions de vie décentes aux planteurs. Il a aussi relevé que la présence de l’État aux côtés des planteurs est aussi un message fort : « Les producteurs sont les soldats invisibles de notre économie. Leur travail quotidien fait la force de la Côte d’Ivoire ».

Prenant acte des préoccupations exprimées par les responsables de coopératives et planteurs, le ministre a assuré que toutes les propositions seraient analysées avec attention. « Les décisions à venir viseront à préserver l’équilibre économique de la filière tout en protégeant les revenus et les conditions de vie des producteurs », a-t-il rassuré.
Au nom de la Coopérative agricole de Yakassé-Attobrou (Cayat), sa directrice générale, Traoré Awa, a dressé un état des lieux sans complaisance. Agréée à l’exportation depuis 2017, la structure regroupe aujourd’hui plus de 3 300 producteurs, organisés en 65 groupements, et génère près de 200 emplois directs et indirects.

La coopérative exploite plus de 12 500 hectares pour une production annuelle de 8 479 tonnes, avec une traçabilité totale des parcelles et une certification Rainforest Alliance sur une partie des superficies. Toutefois, la campagne en cours est marquée par près de 2 000 tonnes de stocks invendus, immobilisés depuis fin décembre.
Cette situation engendrera un appauvrissement progressif des producteurs, un endettement croissant, des risques sociaux et même des cas de chômage technique au sein de la coopérative. Le principal obstacle pointé par les responsables concerne le système de contrepartie exigé pour l’exportation. Plusieurs acheteurs étrangers souhaitent s’approvisionner directement auprès des coopératives, mais l’absence d’agrément limite ces opportunités.

Face à cette contrainte, les producteurs sollicitent l’appui de l’État pour la mise en place d’un mécanisme de garantie facilitant l’accès aux marchés internationaux. Ils envisagent également la création d’une unité locale de transformation d’une capacité de 3 000 tonnes par an, afin de mieux valoriser la production et réduire la dépendance aux exportations brutes.
Traoré Aboudramane, expert ayant assuré la présentation de la coopérative agricole de Yakassé-Attobrou ( Cayat) , a montré au ministre l’évolution des performances commerciales de la coopérative agricole de Yakasse-Attobrou sur les 3 dernières campagnes. Pour lui, malgré un potentiel stable, les ventes ont fortement baissé cette année, principalement en raison des contraintes de contrepartie et de la baisse des achats de certains partenaires locaux.
Il a par ailleurs exposé les réalisations communautaires de la coopérative au cours des 5 dernières années. Il s’agit de la construction d’écoles et de salles de classes, la distribution des kits scolaires, la création de pépinières (jusqu’à 100 mille plants distribués aux planteurs) la formation de 200 femmes à la pâtisserie, la formation de jeunes diplômés issus d’écoles agricoles et la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les femmes.



Kra Kouassi, planteur dont sa plantation a été visitée par le ministre et sa forte délégation a dit merci à la coopérative agricole de Yakasse-Attobrou pour l’accompagnement technique dont il bénéficie. « Grâce aux formations reçues, j’ai amélioré l’entretien de ma plantation et la qualité de ma production est palpable. La visite dans mon champ par le ministre est un grand honneur. Cela montre que les autorités s’intéressent réellement à notre travail et à nos difficultés », fait-il savoir.
Rodrigue Cofye
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de abidjaneconomie.net même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.


