Mobilité à Abidjan : 815 000 heures gagnées grâce à l’IA, un levier face à la pression sur la productivité urbaine

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Selon un communiqué du groupe Yango parvenu à la rédaction d’Abidjan Économie, plus de 815 000 heures ont été économisées à Abidjan en 2025 grâce aux systèmes d’optimisation de trajets développés par le groupe Yango. Il s’agit du volume le plus élevé enregistré parmi les villes africaines analysées. Pour les utilisateurs réguliers, cela représente en moyenne 133 minutes récupérées par an. L’étude, couvrant 28 villes réparties sur quatre continents, révèle que l’Afrique concentre près de 2 millions d’heures économisées, sur un total mondial supérieur à 5 millions.

Ces résultats prennent une dimension particulière à l’échelle macroéconomique. Selon des estimations de la Banque mondiale et de l’AMUGA, les embouteillages à Abidjan entraîneraient une perte annuelle équivalente à 4 à 5 % du PIB national, soit entre 1 200 et 1 600 milliards de FCFA. Dans ce contexte, chaque minute gagnée sur la route constitue un apport concret à la productivité nationale. « Dans de nombreuses villes africaines, le temps perdu dans les embouteillages a un impact direct sur la productivité, la vie familiale et les opportunités économiques », souligne Adeniyi Adebayo, Chief Business Officer du groupe Yango. Les performances varient toutefois selon les métropoles : si Abidjan se distingue en volume absolu, Kinshasa enregistre le gain relatif le plus significatif, avec près de 6 % de temps économisé par trajet. À Dakar, près de 170 000 heures ont été récupérées par les usagers.

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La méthodologie de l’étude repose sur une comparaison entre des itinéraires optimisés par intelligence artificielle et des trajets statiques fondés sur le simple critère du chemin le plus court. Les algorithmes analysent en temps réel les flux de circulation, les données historiques de congestion, les cycles de feux tricolores ainsi que la configuration des intersections. Grâce à une architecture auto-apprenante, le système affine continuellement ses prévisions en confrontant les temps estimés aux temps réellement observés.

Au-delà du gain de temps, l’enjeu se décline sur trois plans majeurs. Sur le plan économique, l’optimisation des trajets permet de réduire la consommation de carburant et d’augmenter le nombre de rotations pour les conducteurs. Sur le plan environnemental, elle contribue à limiter les émissions polluantes dans une agglomération où la qualité de l’air devient un sujet préoccupant. Enfin, sur le plan social, une meilleure répartition des flux aide à désengorger les principaux points névralgiques.

À l’heure où Abidjan se projette vers une population estimée à 6,5 millions d’habitants, l’intelligence artificielle appliquée à la mobilité s’affirme moins comme un luxe technologique que comme une composante essentielle des infrastructures urbaines, au même titre que les ponts ou les échangeurs. Dans cette dynamique, le temps gagné dans les embouteillages pourrait devenir un nouvel indicateur de performance et de développement urbain, aussi stratégique que l’accès à l’eau ou à l’électricité.

Julien Koffi