En marge de la 62ᵉ édition du Salon international de l’Agriculture, la délégation ivoirienne multiplie les rencontres pour promouvoir la modernisation des chaînes de valeur agricoles. Parmi les structures présentes, l’Autorité de Régulation du Système de Réception d’Entreposage (ARE) a exposé sa vision stratégique pour transformer durablement l’économie agricole nationale, notamment la filière anacarde.
Présent sur le salon pour la sixième participation consécutive, le Professeur Justin Kofii, directeur général de l’ARE, a rappelé l’ambition portée par le Président de la République, Alassane Ouattara, de faire de l’agro-industrie et des chaînes de valeur agricoles un véritable moteur de croissance inclusive.
Mettre fin aux pertes post-récoltes
Au cœur de cette stratégie : le développement d’un vaste système national d’entreposage. Objectif affiché : lutter contre les pertes post-récoltes, garantir la transparence des prix et faciliter l’accès au financement pour les producteurs.
Selon le directeur général de l’ARE, la Côte d’Ivoire a identifié des besoins d’investissement estimés à environ 2 000 milliards de francs CFA. Ces financements permettront la construction d’entrepôts secs pour les produits agricoles, de silos de maïs ainsi que le renforcement des infrastructures liées aux ressources animales, halieutiques et pastorales.
Le programme couvre au moins dix spéculations stratégiques, aussi bien des cultures de rente que des produits vivriers essentiels à la sécurité et à la souveraineté alimentaire, tels que l’igname, la banane plantain, le riz, le maïs et l’élevage.
Une bourse agricole déjà opérationnelle
La réforme engagée depuis 2016 a déjà permis la mise en place de la première bourse des matières premières agricoles en Côte d’Ivoire. Cette initiative découle de l’organe de régulation voulu par le Chef de l’État afin de structurer le marché, améliorer la traçabilité et sécuriser les transactions.
« Nous sommes ici pour présenter la rentabilité du système d’entreposage et attirer les investisseurs », a indiqué le Professeur Kofii. La présence du gouvernement ivoirien au salon constitue, selon lui, un signal fort adressé aux partenaires techniques et financiers.
S’inspirer du modèle indien
Pour illustrer la pertinence du projet, l’ARE cite l’exemple de l’Inde, où un système similaire aurait permis aux producteurs de mobiliser plus de 3 200 milliards de francs CFA grâce à l’entreposage structuré, tout en améliorant la qualité et la transparence du marché.
En Côte d’Ivoire, les pertes post-récoltes sont estimées à environ 40 milliards de francs CFA par an. Réduire ne serait-ce que de moitié ces pertes pourrait contribuer au financement du dispositif d’entreposage et améliorer significativement les revenus des producteurs.
Attirer les investisseurs internationaux
La participation au Salon international de l’Agriculture s’inscrit clairement dans une démarche de mobilisation de financements. Des rendez-vous d’affaires sont organisés pour présenter les études de rentabilité, le pacte environnemental et les perspectives de retour sur investissement.
À travers cette offensive diplomatique et économique, la Côte d’Ivoire ambitionne de consolider son positionnement comme hub agricole régional, en misant sur la transformation locale, la modernisation des infrastructures et la sécurisation des revenus des producteurs.
Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu est clair : faire de l’entreposage un levier structurant pour une agriculture plus performante, plus résiliente et créatrice de richesse au bénéfice des populations rurales.
Aimé Kouassi
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