Le président du Réseau des boutiques mauritaniennes en Côte d’Ivoire, IBrahima Mohamed Ould Mohamed Laghdaf, est monté au créneau à la suite d’une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, contenant des propos jugés « graves et stigmatisants » à l’encontre de la communauté mauritanienne vivant en Côte d’Ivoire.
Dans une déclaration publique, l’Ivoiro-mauritanien, a exprimé son indignation face à une intervention anonyme accusant et menaçant l’ensemble des commerçants mauritaniens, dans le contexte de la lutte contre la vie chère.
D’emblée, le président du Réseau a tenu à rappeler que la Côte d’Ivoire demeure « un grand pays, respecté et attaché à l’État de droit ». Selon lui, les décisions prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la cherté de la vie concernent l’ensemble des commerçants, sans distinction de nationalité. « Si le gouvernement prend des mesures, elles s’imposent à tous. Chaque commerçant est tenu de les respecter », a-t-il souligné, insistant sur le principe d’égalité devant la loi.
Tout en reconnaissant le droit d’informer les consommateurs et de soutenir les actions gouvernementales, Brahim Mohamed Ould Mohamed Laghdaf dénonce l’utilisation de cette cause pour « insulter, menacer et stigmatiser toute une communauté ».
Il estime qu’un différend individuel ne saurait justifier une attaque généralisée contre une nationalité entière. « Si un problème existe avec une personne précise, il doit être porté devant la justice. On ne peut pas transformer une question aussi sensible que la vie chère en instrument d’incitation à la haine », a-t-il déclaré.
Le président du réseau rappelle que l’incitation à la haine constitue un délit et que qualifier des personnes d’« immigrés » de manière péjorative ou remettre en cause leur religion et leur humanité est d’une extrême gravité.
Pour le responsable communautaire, le commerce n’appartient à aucune nationalité. Il s’agit d’une activité accessible à toute personne respectant les lois du pays, s’acquittant de ses obligations fiscales et contribuant au développement économique national.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire accueille diverses communautés étrangères qui participent activement à la dynamique économique et au progrès du pays, dans un esprit de cohabitation pacifique.
Face à la montée des tensions sur les réseaux sociaux, le Réseau des boutiques mauritaniennes appelle au calme, à la responsabilité et au respect des institutions. « On ne peut pas, sous prétexte d’avoir un téléphone et une connexion internet, se permettre d’insulter et de menacer des communautés entières. En 2026, ce type de comportement n’a pas sa place dans une société moderne et responsable », a martelé son président.
Au terme de son ras bol, Brahim Mohamed Ould Mohamed Laghdaf invite toute personne souhaitant défendre les consommateurs à le faire dans le respect des lois et sans stigmatisation. « Informer sur les prix plafonnés est utile. Diviser ne l’est pas », a-t-il affirmé, avant de réitérer son attachement aux valeurs de fraternité et de paix qui fondent la société ivoirienne.
Julien Koffi
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