Le ministre de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité, Amédé Koffi Kouakou, a visité le site de l’usine de traitement d’Anyama-Débarcadère ce mardi 24 février 2026, pour faire le point sur l’avancement des travaux et les capacités de mise en service. A terme, l’infrastructure vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable de près de deux millions d’habitants et à renforcer la distribution dans le district d’Abidjan.

Dans un contexte marqué par des difficultés d’approvisionnement en eau et des manifestations sporadiques dans certains quartiers, le ministre Amédé Koffi Kouakou , a effectué une visite de terrain destinée à évaluer l’état d’avancement des travaux de l’usine de production d’eau sur le site d’Anyama-Débarcadère. Accompagné des responsables de l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) et des autorités locales, le ministre s’est successivement rendu à la prise d’eau brute, puis à l’unité de traitement et à la salle de pompage, avant de se rendre à Cocody, dans la cité SIR, pour inspecter deux nouveaux châteaux d’eau d’une capacité de 5 000 m³ chacun.
Selon lui, l’objectif premier de cette inspection est de mesurer les capacités réelles de mise en service et de rassurer les populations face à des retards et à des coupures récentes. Le projet s’inscrit dans une approche globale visant à diversifier les sources d’approvisionnement et à moderniser le réseau de distribution du district d’Abidjan. L’usine d’Aghien, dont la capacité de production est d’environ 150 000 m³ par jour et dont les travaux de l’unité de traitement sont achevés à 100 %, est présentée comme un élément clé du dispositif. Le principal défi persiste toutefois dans la pose des canalisations et dans le renforcement du réseau de distribution, afin d’assurer une distribution efficace et équitable sur l’ensemble du territoire.

En complément, l’État rappelle l’existence de l’unité de La Mé, avec une capacité d’environ 240 000 m³/jour, déjà en place mais dont l’exploitation est aujourd’hui limitée par l’insuffisance du réseau. À terme, l’usine d’Aghien alimentera principalement le Grand Cocody, Bingerville et les localités environnantes, tandis que La Mé renforcera l’approvisionnement d’Agnaman, d’Abobo et d’une partie de Yopougon. Le ministre a insisté sur le fait que l’eau est disponible, mais que le défi majeur réside dans la construction des canalisations qui permettront une distribution fiable et efficace.
Enjeux environnementaux et sécurité
La visite a aussi permis d’interpeller les autorités sur les modifications topographiques improvisées autour du site, susceptibles d’entraîner des écoulements de boue vers la lagune en saison pluvieuse et d’exposer l’environnement à des risques de pollution. Des instructions ont été données pour sécuriser la zone et garantir la durabilité de l’infrastructure, avec une collaboration étroite entre les services techniques et le ministère de la Construction.
Le synoptique du projet, présenté par Ibrahim Berté, Directeur général de l’ONEP, souligne que l’accroissement démographique et la saturation des nappes souterraines ont conduit l’État à se tourner vers les eaux de surface de la lagune d’Aghien. Le dispositif prévoit une prise d’eau en profondeur, une unité de traitement de 150 000 m³/jour et deux réservoirs surélevés de 5 000 m³ chacun. À horizon 2040, ces infrastructures permettront d’alimenter près de 2 millions d’habitants, consolidant ainsi la stratégie gouvernementale pour une alimentation en eau potable durable dans le district d’Abidjan.
Intervenant devant la presse, le ministre a réaffirmé que l’accès à l’eau potable demeure une priorité nationale et que les retards rencontrés ne sauraient compromettre l’objectif. « L’eau est disponible. Le défi actuel concerne les canalisations. Nous demandons aux populations de patienter encore un peu », a-t-il assuré.

Au-delà de la production d’eau, le dossier de l’approvisionnement d’Abidjan s’inscrit dans une logique de résilience urbaine et de sécurité sanitaire, en phase avec les priorités fixées par le président de la République pour les cinq prochaines années. Le déploiement du réseau de distribution est crucial pour exploiter pleinement les capacités de production et garantir une distribution équitable et durable, notamment dans les quartiers les plus densément peuplés et en période de saison des pluies.
Avec Aghien et La Mé, et leurs capacités combinées, le District Autonome d’Abidjan se rapproche d’un système d’alimentation en eau plus fiable et résilient. Le chemin reste toutefois marqué par le déploiement du réseau de canalisations, qui demeure la clé pour transformer les capacités de production en service effectif pour les populations.
Julien Koffi
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