Le District autonome d’Abidjan veut tourner la page de l’anarchie urbaine, perçue désormais comme un véritable frein à la performance économique de la capitale économique ivoirienne. Lors de sa conférence de presse annuelle tenue ce mardi 14 avril 2026, au Casino du Sofitel Hôtel Ivoire, le Ministre-Gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo a présenté un bilan structuré des actions menées et décliné les perspectives 2026 d’une réforme urbaine à forte portée économique.
Le Ministre-Gouverneur du District autonome d’Abidjan , Cissé Ibrahim Bacongo , a inscrit son action dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, axée sur la modernisation des grandes villes et le renforcement de leur attractivité économique. « La lutte contre le désordre urbain n’est plus seulement une exigence d’ordre public, mais un impératif économique », a-t-il affirmé. Commerce ambulant incontrôlé, occupation illégale des espaces publics et installations précaires continuent de désorganiser les circuits économiques. « Ces dysfonctionnements impactent directement la productivité et renchérissent les coûts pour les acteurs économiques », a-t-il souligné.

À l’approche de la saison des pluies, les risques s’accentuent, selon lui. « Les constructions anarchiques dans les zones à risque aggravent les inondations et exposent les populations à des drames évitables », a-t-il déploré. Depuis 2024, le District a engagé une politique de réorganisation de l’espace urbain, marquée par la création d’une Brigade spéciale de lutte contre le désordre urbain. Les opérations de déguerpissement, la libération des grandes artères et la régulation des activités commerciales visent à restaurer un environnement favorable aux échanges économiques. « Les résultats sont encourageants », a-t-il assuré, évoquant une amélioration progressive de la fluidité urbaine. Parallèlement, des investissements structurants ont été réalisés : marchés modernes, gares multimodales, espaces commerciaux et réhabilitation d’infrastructures publiques.
Des projets comme l’aménagement de la baie du Banco, la modernisation des zones commerciales d’Adjamé ou encore les travaux autour de l’Université Félix Houphouët-Boigny illustrent cette dynamique. « Nous voulons créer des pôles économiques modernes, organisés et attractifs », a-t-il expliqué. Pour 2026, le District entend accélérer les projets structurants. « Ces investissements visent à renforcer l’attractivité d’Abidjan et sa compétitivité économique », a indiqué le Ministre-Gouverneur.

Parmi les priorités figurent l’aménagement du littoral de Port-Bouët, la valorisation de la baie de la Carena, la création d’un parc e-logistique et la modernisation des infrastructures commerciales. Des mesures d’accompagnement du secteur informel sont également prévues. « Il ne s’agit pas d’exclure, mais d’organiser et de moderniser les activités économiques », a-t-il précisé. Au-delà des infrastructures, le District mise sur un changement de comportement. « Le civisme urbain est une condition essentielle de la réussite de nos politiques », a-t-il insisté.

Au terme de cette rencontre, le Ministre-Gouverneur a réaffirmé son ambition de faire d’Abidjan une métropole moderne, organisée et attractive. « Abidjan ne peut être compétitive sans ordre, sans discipline et sans organisation », a-t-il conclu. En s’attaquant au désordre urbain, le District autonome d’Abidjan pose ainsi les bases d’une économie plus structurée et tournée vers l’avenir.
Julien Koffi
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