Sénat :  Les réformes sur les filières agricoles portées par Buno Koné entérinées  

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 Ces textes, initialement pris sous forme d’ordonnances par le président de la République , Alassane Ouattara, s’inscrivent dans une réforme globale visant à structurer le foncier rural et à renforcer l’organisation des principales filières agricoles du pays. Leur adoption par le Parlement, conformément à l’article 106 de la Constitution, leur confère désormais une pleine valeur législative. Le premier projet de loi institue le Système d’Information du Foncier Rural de Côte d’Ivoire (SIFOR-CI). Cet outil ambitionne de sécuriser durablement les droits fonciers des producteurs ruraux, dans un contexte souvent marqué par des litiges et des tensions communautaires. Selon le ministre Bruno Koné, ce dispositif couvrira 16 régions frontalières et concernera plusieurs millions de personnes. L’objectif est de donner aux exploitants agricoles une reconnaissance officielle de leurs droits, leur permettant de mieux exploiter leurs terres et d’en tirer une valeur économique accrue. « Ces droits pourront désormais servir de garanties pour accéder au financement ou être transmis plus facilement aux héritiers », a-t-il indiqué devant les sénateurs.

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Les deux autres textes traduisent une volonté d’élargir la régulation à de nouvelles filières agricoles à fort potentiel économique. Le premier étend aux producteurs de coco les mécanismes de régulation déjà appliqués aux filières hévéa et palmier à huile. Cette réforme vise à mieux structurer la production, la transformation et la commercialisation de la noix de coco, considérée désormais comme une véritable matière première industrielle. Pour le ministre, il s’agit de repositionner le coco au-delà de sa simple consommation locale, en le transformant en levier de développement économique intégré. Le troisième projet concerne la filière karité, principalement localisée dans le nord du pays. Jusqu’ici peu structurée et dominée par des activités de cueillette, cette filière est désormais appelée à être organisée selon un modèle plus encadré.

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L’extension des dispositifs réglementaires déjà appliqués aux filières coton et anacarde devrait améliorer la production, la transformation et la commercialisation du karité, tout en favorisant la création de revenus et d’emplois. « L’enjeu est de transformer une activité traditionnelle en véritable moteur économique pour les populations du Nord », a souligné Bruno Koné. À l’issue des travaux, le ministre a salué la qualité des échanges avec les sénateurs ainsi que leur adhésion unanime aux différentes réformes.

 Il a insisté sur leur portée sociale et économique, notamment pour les communautés rurales, appelées à bénéficier d’un meilleur encadrement foncier et d’une meilleure valorisation de leurs productions. Avec l’adoption de ces trois textes, le gouvernement renforce son dispositif juridique en faveur de la transformation structurelle de l’agriculture ivoirienne.

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Il faut noter que la sécurisation du foncier rural, l’accès facilité au financement et la structuration des filières constituent désormais les piliers d’une réforme appelée à impacter durablement des millions de producteurs à travers le pays.

Rodrigue Cofye