Les automobilistes ivoiriens auraient pu payer leur litre de carburant beaucoup plus cher à la pompe en août 2026. Face à la flambée des cours du pétrole sur le marché international, le prix du Super aurait pu atteindre 1 120 FCFA le litre, contre 875 FCFA précédemment, soit une hausse de 245 FCFA. Pour le Gasoil, le prix aurait pu grimper à 894 FCFA, contre 700 FCFA auparavant, soit une augmentation de 194 FCFA. Mais le Gouvernement ivoirien a choisi d’absorber une grande partie du choc, limitant ainsi l’impact sur les ménages.
Depuis le 1er août 2026, le litre de Super est finalement passé de 875 à 905 FCFA, soit une hausse de 30 FCFA, tandis que le Gasoil est passé de 700 à 725 FCFA, soit une augmentation de 25 FCFA. Une hausse contenue, très loin des niveaux qu’auraient pu atteindre les prix à la pompe si la totalité de l’augmentation des cours internationaux avait été répercutée sur les consommateurs.
Une crise pétrolière mondiale à l’origine de la flambée Cette pression sur les prix s’explique notamment par le contexte géopolitique au Moyen-Orient. Depuis le 28 février 2026, le conflit armé dans la région a fortement perturbé les flux énergétiques, avec la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, l’un des principaux points de passage du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié dans le monde. Cette situation a contribué à une forte progression des cours du pétrole. Le prix du baril, qui se situait autour de 71 dollars en février 2026, a atteint un pic de 144 dollars en avril, avant de revenir autour de 90 dollars à la fin du mois de juillet. Malgré cette baisse, les cours restent à un niveau élevé par rapport à la période précédant la crise. L’État absorbe une grande partie du choc La Côte d’Ivoire n’a pas été épargnée par cette hausse des cours internationaux. Pour autant, les autorités ont fait le choix de limiter la répercussion sur les consommateurs. Les prix à la pompe étaient restés inchangés jusqu’à fin avril 2026, avant un premier ajustement intervenu en mai. À cette période, le prix du Super était passé de 820 à 875 FCFA le litre, tandis que celui du Gasoil évoluait de 675 à 700 FCFA.
Pour août 2026, le calcul basé sur l’évolution des cours internationaux aurait donc pu conduire à une hausse de 245 FCFA du litre de Super et de 194 FCFA du litre de Gasoil. Une situation qui aurait fortement pesé sur le budget des ménages et les coûts de transport.
Le Gouvernement a cependant décidé de ne pas répercuter intégralement cette hausse. L’ajustement a été limité à 30 FCFA pour le Super et à 25 FCFA pour le Gasoil. Cette politique d’amortissement représente un effort financier important pour l’État, évalué à près de 200 milliards de FCFA à fin août 2026. Un effort qui vise à préserver le pouvoir d’achat En limitant la hausse des prix à la pompe, l’État cherche à contenir les effets de la crise pétrolière sur le pouvoir d’achat des ménages.
Une augmentation plus importante du prix des carburants aurait pu entraîner des répercussions sur plusieurs secteurs de l’économie, notamment le transport, la logistique et, par effet indirect, le prix de nombreux biens et services. Mais cette politique de soutien a un coût pour les finances publiques. Elle permet aux consommateurs de bénéficier de prix à la pompe moins élevés que ceux qui résulteraient d’une répercussion intégrale des cours internationaux, tout en faisant supporter à l’État une part importante du choc.
Le pétrole ivoirien ne permet pas encore d’absorber les chocs Les récentes découvertes d’hydrocarbures, notamment les gisements Baleine, Calao et Murphy, renforcent les perspectives du secteur pétrolier ivoirien. Toutefois, la production nationale demeure encore limitée par rapport aux besoins et aux ambitions du pays.
La Côte d’Ivoire dispose actuellement d’une capacité maximale de production estimée à 75 000 barils par jour et ambitionne d’atteindre 200 000 barils par jour à l’horizon 2030, puis 500 000 barils par jour en 2035. Ces perspectives devraient contribuer à renforcer la souveraineté énergétique du pays et à améliorer ses revenus futurs. Mais, dans l’immédiat, la Côte d’Ivoire reste exposée aux fluctuations du marché pétrolier international.
Les prix des produits pétroliers demeurent en effet largement influencés par l’équilibre mondial entre l’offre et la demande. En définitive, face à une crise pétrolière internationale qui aurait pu se traduire par une hausse de plus de 200 FCFA du litre pour les automobilistes, le Gouvernement ivoirien a privilégié une hausse limitée à 30 FCFA pour le Super et 25 FCFA pour le Gasoil.
Un choix qui permet de contenir le choc pour les ménages, au prix d’un effort financier conséquent de l’État.
Julien Koffi
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