Mobile money : La BCEAO impose la plateforme PI-SPI et encadre les frais de transfert   

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 Elle vise à faciliter les échanges financiers, harmoniser les conditions tarifaires et renforcer l’inclusion financière dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour les particuliers, l’un des changements majeurs porte sur les frais de transfert. Désormais, le seuil de gratuité de 8 000 FCFA s’apprécie sur la base du montant cumulé des opérations effectuées quotidiennement par un même utilisateur auprès d’un même établissement, et non plus transaction par transaction. Ainsi, un client qui envoie 5 000 FCFA le matin, puis 4 000 FCFA dans l’après-midi, atteint un cumul de 9 000 FCFA. Les frais peuvent alors être appliqués conformément aux dispositions tarifaires en vigueur. Au-delà du seuil réglementaire, les frais d’envoi sont plafonnés à 0,8 %.

 En revanche, la réception d’argent demeure entièrement gratuite, quel que soit le montant transféré. Cette nouvelle réglementation entend mettre un terme aux disparités tarifaires entre les différents opérateurs et rendre les transactions numériques plus accessibles aux populations. La plateforme PI-SPI constitue également une avancée pour les échanges entre établissements bancaires. Elle permet l’exécution de paiements et de virements instantanés entre banques différentes, mais aussi entre les banques et les opérateurs de monnaie électronique participants. Les transactions sont conçues pour être exécutées en quelques secondes, avec un objectif de traitement inférieur à dix secondes. Pour les entreprises, le dispositif prévoit la possibilité d’effectuer des paiements instantanés pouvant atteindre 100 millions de FCFA, sous réserve des plafonds opérationnels et des mesures de sécurité définis par les établissements concernés. Les frais applicables aux virements entre personnes morales restent, quant à eux, fixés par les banques. Au-delà des opérations nationales, la réforme connaîtra une nouvelle extension à partir du 1er juin 2027.

Les mêmes règles et avantages tarifaires devront alors s’appliquer aux transferts transfrontaliers entre les huit pays membres de l’UEMOA, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Un utilisateur pourra ainsi effectuer plus facilement un transfert d’argent depuis le Sénégal vers la Côte d’Ivoire, dans un environnement de paiement davantage intégré. À travers cette interconnexion, la BCEAO poursuit son ambition de moderniser les infrastructures financières régionales, de réduire les coûts des transactions et de favoriser l’accès des populations aux services financiers numériques. Cette évolution intervient dans un contexte également favorable à la crédibilité financière de la Côte d’Ivoire.

Le pays a en effet été retiré de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), consacrant les efforts déployés par les autorités et les différentes institutions nationales dans le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Une avancée qui constitue un signal positif pour l’environnement financier ivoirien, son attractivité et la confiance des partenaires économiques internationaux.

Julien Koffi