Lesotho : La Banque africaine de développement adopte une stratégie ambitieuse pour une croissance inclusive et portée par le secteur privé

LESOTHO
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org) a validé un nouveau Document de Stratégie Pays (DSP) en faveur du Lesotho, doté d’une enveloppe de 209 millions de dollars. Ce plan quinquennal vise à accélérer la transformation économique du pays, en misant sur la diversification, la résilience et une croissance inclusive, fortement axée sur le développement du secteur privé.

Cette approbation survient à un moment décisif pour le Lesotho, confronté à d’importants défis économiques. Parmi eux, l’impact des droits de douane américains de 15 % sur les exportations de vêtements, la perte d’un appui de 300 millions de dollars suite à l’annulation du programme de la Millennium Challenge Corporation, ou encore une forte dépendance à la conjoncture économique régionale. Près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, et le chômage des jeunes atteint près de 39 %.

Stimuler l’économie par le secteur privé et l’investissement

« Le Lesotho se trouve à la croisée des chemins », a déclaré Moono Mupotola, directrice générale adjointe pour l’Afrique australe et cheffe du bureau pays du Groupe de la Banque pour le Lesotho. « Cette stratégie globale mise sur les atouts du pays – ses ressources hydriques, sa position géographique et sa jeunesse – pour ouvrir de nouvelles perspectives de développement durable. »

Le DSP repose sur deux priorités majeures : La construction d’infrastructures durables pour accélérer l’industrialisation, le renforcement des capacités humaines et institutionnelles afin d’améliorer la compétitivité du pays

Parmi les objectifs phares : Atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030 via le programme Mission 300, Réduire le coût de l’Internet haut débit pour soutenir l’émergence de start-ups technologiques ; Étendre l’accès à l’eau potable à des milliers de foyers supplémentaires

La Banque soutiendra également les infrastructures hydrauliques et agricoles afin de booster la productivité, tout en appuyant la modernisation du système fiscal et la formation des agents publics pour une meilleure gouvernance.

Afin de dynamiser le secteur privé, la Banque accompagnera des réformes structurelles et des investissements visant à réduire le coût des affaires, soutenir l’innovation numérique et promouvoir l’entrepreneuriat. Des programmes de développement des compétences permettront à 20 000 jeunes, dont 40 % de femmes, d’acquérir des compétences numériques adaptées aux besoins de l’économie moderne.

Dans un pays fortement exposé aux aléas climatiques, la stratégie met l’accent sur l’agriculture climato-intelligente, la gestion des risques de catastrophes et le développement des énergies renouvelables. L’objectif est double : protéger les moyens de subsistance des populations et réduire les inégalités sociales, notamment en luttant contre le retard de croissance qui touche plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans.

La stratégie soutient l’intégration économique du Lesotho au sein de la région en misant sur le développement des infrastructures transfrontalières avec l’Afrique du Sud, la facilitation des échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’intégration dans les chaînes de valeur régionales, notamment dans l’agro-industrie

En améliorant la connectivité du pays, ces efforts visent à ouvrir de nouveaux débouchés économiques au-delà des frontières nationales.

Le nouveau DSP s’aligne pleinement sur le Plan national de développement stratégique II du Lesotho (2018–2028), La Stratégie décennale 2024–2033 de la Banque africaine de développement, L’Agenda 2063 de l’Union africaine, Les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies

Pour soutenir sa mise en œuvre, le Groupe de la Banque mobilisera plusieurs guichets de financement, dont le Fonds africain de développement, le Guichet des opérations régionales et le Guichet d’action climatique, tout en coordonnant ses actions avec d’autres partenaires de développement.

Aimé Kouassi