Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a présenté le vendredi 21 novembre 2025 devant la Commission des Affaires Économiques et Financières de l’Assemblée nationale, les grandes lignes budgétaires de son ministère pour l’année 2026. À l’issue de cette présentation, les députés ont adopté à l’unanimité une enveloppe de 706 milliards de francs CFA, marquant ainsi une hausse de 30 % comparativement aux 543,1 milliards de l’exercice 2025.
Concrètement, ce budget se répartit entre 375,5 milliards de francs CFA affectés aux Comptes Spéciaux du Trésor et 330,5 milliards destinés aux dépenses courantes (personnel, biens, services, transferts et investissements). En détail, les allocations budgétaires par programme se déclinent ainsi : 783,3 millions pour les Mines et la Géologie, 116 millions pour les Hydrocarbures, 320,9 milliards pour l’Énergie et 8,7 milliards pour l’Administration générale. Par conséquent, ces ressources permettront de déployer une stratégie intégrée à travers les trois filières du ministère. Dans ce secteur, les priorités 2026 incluent d’abord l’adoption définitive du nouveau code minier et ses décrets d’application, notamment sur le contenu local.

Parallèlement, le ministère finalisera également la construction du Laboratoire d’Analyse Géologique et intensifiera les campagnes contre l’orpaillage clandestin. En outre, l’année verra aussi la création d’une unité d’affinage d’or avec un Comptoir National d’Achat d’Or, ainsi que le déploiement du Projet de Développement Minier Intégré de l’Ouest. Quant aux hydrocarbures, l’accent sera mis sur l’amélioration de la gouvernance et l’intensification de l’exploitation du bassin sédimentaire.
À cet effet, les phases 2 et 5 des gisements Baleine et Baobab se poursuivront. De plus, le programme “Gas to Power”, développé avec la Banque mondiale et ENI, vise à structurer une industrie gazière nationale capable d’alimenter durablement les secteurs électrique, industriel et minier. Énergie : vers l’accès universel en 2030 Pour sa part, le secteur énergétique ambitionne de porter la puissance installée au-delà de 3 415 MW pour garantir la disponibilité de l’électricité et réduire les coupures. Dans cette perspective, l’objectif est de réaliser 550 000 nouveaux raccordements et de poursuivre le Pacte National Énergie pour atteindre l’électrification universelle d’ici 2030, tout en assurant l’équilibre financier du secteur. Par ailleurs, l’exécution du budget 2024, établi à 616,1 milliards de francs CFA, a généré des progrès notables.
En effet, dans les mines, 41 nouveaux permis de recherche ont été délivrés (contre 27 en 2023) et la production d’or a grimpé à 59,1 tonnes (contre 51,1 tonnes). Toutefois, le manganèse et le nickel ont connu des baisses de production liées à la baisse des cours mondiaux. S’agissant des hydrocarbures, la phase 2 du gisement Baleine est entrée en production.
En même temps, trois sphères de stockage de gaz butane de 4 000 tonnes chacune ont été construites, de même que le quai PETROCI pour sécuriser la logistique pétrolière. Concernant l’énergie, 638 localités ont été électrifiées en 2024. Ainsi, la capacité de production électrique est passée de 2 907 MW fin 2023 à 3 019 MW fin 2024, puis à 3 044 MW en octobre 2025. De surcroît, le système d’étiquetage énergétique pour les appareils électroménagers a été lancé, et le Centre de Ressources.

Lors des échanges avec les députés, le Ministre Sangafowa Coulibaly a détaillé les mesures de lutte contre l’orpaillage illégal, soulignant que 99 % des exploitants s’installent avec l’accord tacite des communautés locales. Or, cette dimension sociologique complique les interventions et nécessite donc des solutions impliquant directement les populations concernées. C’est pourquoi le président de la République a élevé cette question au rang de priorité nationale via le Conseil National de Sécurité et le groupement spécial de lutte contre l’orpaillage Illégal, qui continue ses opérations de démantèlement des sites présentant des risques sécuritaires, sociaux, économiques et environnementaux.
Julien Koffi
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