L’Agence pour le Développement de la Filière Riz (ADERIZ) et le Projet de Développement des Chaînes de Valeur Vivrières (PDC2V), financé par la Banque mondiale, ont réuni à Grand-Bassam plus d’une centaine d’usiniers, d’agrégateurs et d’acteurs de la filière rizicole dans le cadre d’un atelier de présentation et d’imprégnation du manuel de procédures du Fonds d’amorçage. Cette rencontre qui se tient à Grand-Bassam, du 1er au 5 décembre 2025, marque une étape décisive dans l’opérationnalisation de la phase pilote du modèle d’agrégation prévu par la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR 2), couvrant la période 2024–2030.
Ouvert, ce mardi 2 décembre 2025, au nom du Directeur général de l’ADERIZ, Dirabou Yves Joël, Directeur de la planification, des statistiques et du suivi-évaluation, l’atelier vise à permettre aux usiniers considérés comme les futurs agrégateurs de s’approprier le manuel de procédures du Fonds d’amorçage, un mécanisme inédit introduit pour faciliter leur accès au financement privé.
« Le gouvernement a sollicité la Banque mondiale pour accompagner la mise en œuvre de la SNDR 2. Le Fonds d’amorçage est un instrument qui permet aux acteurs d’obtenir plus facilement des crédits auprès des banques grâce à un système de garantie », a expliqué M. Dirabou.
Ce manuel, élaboré en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes, offre désormais un cadre clair aux acteurs pour préparer leurs dossiers de financement.
Le Fonds d’amorçage : un dispositif structurant, constitue l’un des leviers majeurs du PDC2V pour stimuler la productivité, la transformation et la compétitivité de la riziculture ivoirienne.
Ce mécanisme repose sur trois guichets de financement couvrant l’ensemble des étapes de la chaîne de valeur. Le premier, consacré à la production, cible notamment les semences, intrants, équipements et travaux agricoles.
Le modèle d’intervention adopté passe par l’usinier, considéré comme l’acteur central de la chaîne, les producteurs gravitent autour de lui pour l’approvisionnement en paddy, les distributeurs s’approvisionnent en riz blanchi, l’usinier dispose d’actifs pouvant servir de garanties auprès des banques.
L’objectif est de financer la filière « de manière intégrée » afin d’assurer régularité, quantité et qualité du riz local mis sur le marché.
Madame Soro Nassita, Spécialiste en Planification Opérationnelle au PDC2V, a rappelé que ce fonds représente une décision exceptionnelle de l’État de Côte d’Ivoire et de la Banque mondiale, destinée à accompagner les ambitions de la SNDR 2.
Elle a insisté sur la nature collaborative du processus : « Le manuel n’a pas été écrit dans un bureau pour être ensuite imposé aux acteurs. Nous l’avons co-construit avec eux, au fil de plusieurs rencontres et ajustements. Aujourd’hui, il est l’aboutissement d’un long travail collectif. » Grâce à cette appropriation commune, les usiniers et agrégateurs pourront soumettre leurs dossiers de financement dès la fin de l’atelier.
Déjà en cours de mise en œuvre depuis près d’un an, la phase pilote du modèle d’agrégation servira de base pour un déploiement national.
Le PDC2V prévoit ainsi de tester, ajuster puis élargir l’application du Fonds d’amorçage à toutes les zones rizicoles du pays.
Le riz, consommé quotidiennement par des millions d’Ivoiriens, constitue l’un des enjeux majeurs de la sécurité alimentaire nationale. Avec ce dispositif innovant, l’ambition est claire : réduire les importations, valoriser la production locale et renforcer la résilience de la filière face aux défis climatiques et économiques.
Un cap majeur pour la souveraineté alimentaire
Au terme de ces quatre jours de travaux, les participants disposeront des outils nécessaires pour accéder au financement et contribuer pleinement à la transformation de la filière.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique plus large du PNIA II et du PND, qui ambitionnent d’accélérer la modernisation de l’agriculture ivoirienne et de renforcer les chaînes de valeurs vivrières.
Avec ce manuel désormais finalisé et partagé, et un fonds opérationnel soutenu par la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire pose une étape structurante vers la montée en puissance de son riz local un pilier essentiel de sa souveraineté alimentaire.
Aimé K.
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