De l’idée à la création d’un outil producteur de valeur réelle
KOFFI-KOUAKOU Laussin (K.K.L.) : Monsieur Régis BAMBA, en fêtant son 6e anniversaire il y a un peu moins de 2 mois en arrière, votre startup est définitivement entrée dans l’âge de la maturité. Cependant, avant d’en arriver là, il y a eu des étapes. La première, c’était le choix du nom. En baptisant votre Fintech Djamo, était-ce, par anticipation, pour vous et celui avec qui vous co-portez ce projet, Hassan BOURGI, une manière de remercier les personnes qui croyaient déjà et toutes celles qui se sont jointes, et continuent de se joindre, à elles pour leur confiance, leur adhésion à votre vision ?
Régis BAMBA (R.B.) : Merci Monsieur KOFFI-KOUAKOU Laussin pour cette première question. En effet, lorsque nous avons décidé d’appeler notre startup Djamo, qui signifie « Merci » en Baoulé – une langue parlée au centre de la Côte d’Ivoire — nous avions une vision que le nom du projet, l’identité de notre marque, devait refléter. Celle d’une finance qui devait redevenir un instrument au service du client. Un outil qui crée de la valeur réelle pour lequel on peut dire merci et non une source de frustration, car, quand nous avons commencé, nous sommes partis d’un constat :

Formulaires interminables, déplacements multiples, frais peu lisibles, etc. ouvrir un compte bancaire relevait souvent du parcours d’endurance et pour beaucoup d’Ivoiriens, accéder à des services financiers modernes n’était pas une évidence. C’était plutôt même un privilège ! En construisant une solution simple, 100 % digitale et transparente, une plateforme qui redonne de la dignité dans la gestion de l’argent, avec Hassan BOURGI, nous avons voulu faire l’inverse (…) Djamo est née d’une conviction : La technologie pouvait réparer une injustice silencieuse, celle de l’exclusion financière ! Aujourd’hui, après 6 ans d’existence, les chiffres sont là et je ne pense que notre nom soit usurpé (sourire).
K.K.L. : Au cours de votre parcours, vous avez intégré plusieurs accélérateurs de renom, ce qui vous a permis, par la suite, de réaliser d’importantes levées de fonds pour soutenir le développement de Djamo. Comment avez-vous réussi à accéder à ses catalyseurs de croissance et à obtenir la confiance des investisseurs ?
R.B. : Il s’agit-là d’une interrogation très légitime. Il faut savoir que les accélérateurs Américains ne sont pas séduits par les discours. Ils sont obsédés par deux choses : Le produit et la traction (la preuve mesurable que la solution est réelle et viable) ! Quand nous sommes allés ver eux, nous n’avons donc pas présenté une idée abstraite. Nous avons présenté des utilisateurs réels, une croissance tangible, une adoption qui parle d’elle-même.

Nous avons démontré que nous résolvons un problème concret pour des millions de personnes. Y Combinator a vu en Djamo non pas une Fintech Africaine, mais une entreprise technologique ambitieuse, opérant sur un marché immense et encore sous-servi. Intégrer cet écosystème nous a permis de structurer notre modèle à l’échelle mondiale, tout en restant profondément ancrés en Afrique.
K.K.L. : L’histoire de Djamo, c’est de l’innovation, une évolution, mais surtout des talents, des hommes et des femmes dont vous vous entourez depuis le lancement de votre startup. Parmi eux, Elfried DIDEHIA que vous avez nommé, en 2025, à la tête de Djamo Finances SA, dans la foulée de l’obtention, par votre groupe, de son agrément de microfinance. Pourquoi Elfried DIDEHIA et qu’apporte cet agrément à la dynamique de votre Fintech ?

R.B. : Et bien, avant tout propos, je tiens à souligner que la transformation en institution de microfinance n’est pas un simple changement réglementaire. C’est une étape stratégique pour laquelle il nous fallait des profils particuliers et adaptés. Des personnes dotées d’une expertise rare en gestion des risques et en finance structurée comme Elfried DIDEHIA qui a rejoint Djamo en 2022.
Son parcours entre l’Europe et l’Afrique apporte la rigueur bancaire nécessaire à cette nouvelle phase. Quant à l’obtention, en 2025, de l’agrément de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), elle marque un tournant, puisqu’elle fait de notre groupe la première Fintech Ivoirienne à franchir ce cap. Cela nous permet, aujourd’hui, de consolider, ainsi, notre capacité à offrir du crédit et des services financiers complets. Nous avons désormais l’agilité d’une Tech et la solidité d’une Institution Financière.
K.K.L. : Suite à l’annonce de la phase test, puis du lancement effectif du Système de Paiement Instantané Interopérable (PI-SPI) de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), beaucoup d’observateurs scrutaient, avec une vive attention, la réaction, sinon les propositions, voire la proactivité, de Fintech telles que la votre. Près de 4 mois après l’avènement de Djamo Finances, peut-on affirmer qu’elle est votre réponse au PI-SPI ?

R.B. : A ce sujet, ma réponse est claire et simple. Pour nous, le système de paiement instantané interopérable de l’UEMOA est une avancée majeure pour la région. Nous l’avons toujours perçu, non pas comme une contrainte, mais plutôt comme une infrastructure bénéfique pour notre espace économique, comme une autoroute qui fluidifie les échanges, et nous estimons que c’est une excellente opportunité pour faire avancer l’inclusion financière dans la région.
Djamo Finances s’inscrit avant tout dans notre perpétuelle envie d’innover et dans notre engagement à l’inclusion financière, en développant et en multipliant, au maximum, mais sans nous dénaturer, des produits et services financiers qui facilitent le parcours de nos clients, ainsi que la vie de tous les usagers. La prochaine étape est l’intégration totale de nos nouveaux services de microfinance pour, justement, transformer radicalement l’accès au crédit pour les particuliers et les PME.
En fin d’interwiew, Régis Bamba a indiqué que, depuis ses premiers pas, en 2019, Djamo connaît une croissance rapide. Une croissance portée, selon lui, « par une génération qui adopte massivement le digital. » « Aujourd’hui, nous opérons dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et servons des centaines de milliers d’utilisateurs. Si l’on parle parfois de « future licorne », notre priorité reste ailleurs : bâtir un modèle durable. La rentabilité n’est pas un slogan, c’est une discipline. La diversification de nos services – paiements, épargne, crédit – nous rapproche d’un équilibre financier solide et pérenne. Notre ambition est de devenir la plateforme financière de référence en Afrique Francophone. Une plateforme où chaque citoyen, quel que soit son revenu, peut épargner, investir et emprunter en un clic. » Nous a-t-il confié.
à lire aussi :
Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de abidjaneconomie.net même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.


