En visite à Findélé et Korogola, dans le département de Kong, le ministre délégué chargé des Productions vivrières a annoncé plusieurs mesures en faveur des producteurs, notamment la distribution de semences améliorées de maïs, le renforcement de la mécanisation et la mise en place d’infrastructures de stockage. COPAFRIC-Sarl ambitionne, pour sa part, de doubler sa production dès la prochaine campagne.

La tournée de suivi des activités agricoles du ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, s’est poursuivie lundi 2 Novembre 2026 à Findélé et Korogola, dans le département de Kong, région du Tchologo. Pour cette deuxième étape, le membre du gouvernement a été accueilli par les autorités administratives, les responsables locaux et le chef de canton, ainsi que par une importante mobilisation de producteurs de soja.
Sur les parcelles de production encadrées par COPAFRIC-Sarl, le ministre a pu apprécier les efforts engagés par les producteurs pour développer cette culture stratégique, dans un contexte où la Côte d’Ivoire entend renforcer sa souveraineté alimentaire et réduire sa dépendance aux importations de produits agricoles et de leurs dérivés.
Prenant la parole, le président de COPAFRIC-Sarl, Lazeni Soro, a présenté l’évolution de la production de soja dans la sous-préfecture de Nafana. Selon les données communiquées, la structure est passée de 391 producteurs exploitant 107 hectares en 2022, pour une production de 45 tonnes, à plus de 807 producteurs, sur 859 hectares, avec une production de 1 052 tonnes en 2026.

Malgré cette progression, plusieurs contraintes freinent encore le développement de la filière. Il s’agit notamment de l’insuffisance de semences certifiées, de l’indisponibilité de l’inoculum et de certains engrais spécifiques, du manque de matériel agricole, de l’insuffisance des équipements de récolte et de stockage, ainsi que du déficit de financement pour la collecte des productions bord champ.
Face à ces difficultés, Lazeni Soro a sollicité l’appui de l’État afin de permettre à COPAFRIC-Sarl d’étendre son encadrement aux autres sous-préfectures du département, notamment Bilimono, Sikolo et Kong. Il a également pris l’engagement de doubler la production dès la prochaine campagne, avec un rendement visé de deux tonnes à l’hectare, si les principaux obstacles sont levés.
En réponse, Bernard Kini Comoé a salué la mobilisation des populations et leur engagement dans la production du soja. Se présentant comme un fils de paysan, il a assuré les exploitants de sa proximité et de la disponibilité du gouvernement à les accompagner.
« La Côte d’Ivoire a fait le choix de renforcer sa capacité à produire localement ce qu’elle importe encore de l’extérieur. Nous avons les terres, les ressources humaines et les capacités nécessaires. Ce que vous faites ici en est une illustration », a-t-il déclaré.

Le ministre délégué a notamment insisté sur les avantages nutritionnels et économiques du soja, qui constitue une importante source de protéines et entre dans la fabrication de l’huile, du lait et de l’alimentation animale. Il a également encouragé les producteurs à associer cette culture à celle du maïs, en raison de la capacité du soja à contribuer à l’amélioration de la fertilité des sols par la fixation de l’azote. Dans cette perspective, il a annoncé la mise à disposition, dès la semaine suivante, de semences améliorées de maïs, dont le potentiel de rendement peut atteindre 8 à 12 tonnes à l’hectare dans des conditions optimales de production.
Sur les autres préoccupations soulevées, Bernard Kini Comoé a annoncé un travail avec le Centre national de recherche agronomique (CNRA) pour faciliter l’accès à l’inoculum. Il a également évoqué la mise en place d’un centre de mécanisation à Ferkessédougou. Cette infrastructure devra proposer aux producteurs des prestations agricoles à coûts subventionnés.

Le dispositif envisagé prévoit aussi le renforcement des capacités de stockage à travers la construction de magasins dans les principaux départements agricoles, afin de mieux conserver les récoltes de soja, de maïs et de riz. La question du financement de la collecte a également été prise en compte, le ministre délégué reconnaissant la nécessité de mettre en place des mécanismes permettant aux producteurs d’être payés rapidement après la livraison de leurs récoltes.
Enfin, le gouvernement entend favoriser l’extension des superficies consacrées à ces cultures, avec l’ambition de dépasser progressivement les 1 000 hectares dans la zone concernée.
Aimé Kouassi
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