Fiscalité : la DGI mise sur le numérique pour traquer les recettes encore hors du radar de l’État

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Prévu sur trois jours, jusqu’au 4 novembre, cet atelier est présidé par Cissé Aboubakari, directeur général adjoint des Impôts, représentant le directeur général. Il rassemble une trentaine de cadres de l’administration fiscale ainsi que plusieurs membres du comité de direction. Les participants ont pour mission d’harmoniser les initiatives de digitalisation, d’évaluer la valeur ajoutée du projet REDIMA 30 et de définir une architecture d’intégration des systèmes d’information susceptible d’améliorer la maîtrise de l’assiette fiscale.

L’urgence de cette transformation tient notamment aux limites du dispositif actuel. Malgré les progrès réalisés dans la dématérialisation des procédures, la multiplicité des projets numériques et l’insuffisance de leur interconnexion ne permettent pas encore à l’administration de disposer d’une vision suffisamment complète et actualisée du tissu économique national. Une difficulté d’autant plus importante que l’économie informelle demeure présente, que le commerce électronique prend de l’ampleur et que les données relatives aux contribuables présentent encore des insuffisances en matière de fiabilité.

Pour corriger ces faiblesses, la DGI entend favoriser la complémentarité entre plusieurs dispositifs déjà développés. Les réflexions portent notamment sur le Fichier national des commerçants et entreprenants (FNCE), le Système de gestion des collectivités territoriales (SYGIDAN), le Recensement électronique des parcelles et des activités commerciales (REPAE), le Comité d’optimisation du rendement de l’impôt foncier (CORIF), ainsi que REDIMA 30, une solution développée par MAFA Holding. L’ambition est de dépasser le fonctionnement cloisonné de ces différents outils afin de faire converger les informations disponibles et d’en faciliter l’exploitation par les services fiscaux. Une meilleure circulation des données devrait ainsi permettre de renforcer l’identification des contribuables, d’améliorer le recensement des biens et des activités imposables et de mieux suivre les obligations fiscales.

Les travaux sont structurés autour de deux axes prioritaires. Le premier concerne les impôts divers, tandis que le second est consacré à l’impôt foncier. Deux domaines stratégiques pour lesquels une meilleure connaissance de la matière imposable pourrait contribuer à améliorer le rendement fiscal. Cette démarche s’inscrit dans les orientations du Plan national de développement (PND) 2026-2030, qui fait de la mobilisation optimale des ressources intérieures un levier essentiel du financement des ambitions économiques et sociales du pays. Dans cette perspective, l’amélioration des performances de l’administration fiscale constitue un enjeu majeur pour accroître les capacités de financement de l’État.

Au-delà de la modernisation des outils informatiques, le véritable test de cette réforme sera donc sa traduction en résultats concrets : une assiette fiscale plus large, des contribuables mieux identifiés et des recettes publiques en progression. Car l’enjeu n’est pas simplement de numériser l’administration, mais de lui donner les moyens de mieux connaître les richesses produites sur le territoire et d’en tirer les ressources nécessaires au développement de la Côte d’Ivoire.

Julien Koffi