Le gouvernement ivoirien veut changer d’échelle dans sa stratégie de développement. A travers le Plan national de développement (PND) 2026-2030, présenté ce vendredi 22 mai 2026, à l’immeuble SCIAM d’Abidjan-Plateau, les autorités affichent désormais une ambition claire : faire du développement national un puissant levier d’attractivité économique et financière à l’échelle internationale.

Lors de cette présentation organisée en prélude au Groupe consultatif prévu les 8 et 9 juillet 2026 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, le ministre du Plan et du Développement, Dr Souleymane Diarrassouba, a expliqué que le PND 2026-2030 dépasse largement le cadre traditionnel des documents de planification économique.« La Côte d’Ivoire ne présente plus simplement un programme de développement, mais un portefeuille d’investissement structuré, bancable et internationalisable », a affirmé le ministre, soulignant ainsi une évolution profonde de la vision économique du pays.
Avec cette nouvelle orientation, le PND 2026-2030 s’impose comme une véritable offre économique destinée aux investisseurs internationaux, aux fonds souverains, aux institutions financières et aux partenaires techniques et financiers. Le gouvernement entend ainsi repositionner la Côte d’Ivoire parmi les économies africaines les plus attractives du continent.
Le cœur de cette stratégie repose sur un programme d’investissements évalué à 114 838,5 milliards de francs CFA. Sur ce montant, plus de 80 000 milliards de francs CFA, soit environ 70 % des financements attendus, devront provenir du secteur privé. Pour les autorités, cette orientation traduit une volonté assumée de s’appuyer davantage sur les capitaux privés afin d’accélérer la transformation structurelle du pays. « Nous faisons le choix d’une mobilisation massive des capitaux privés pour soutenir la croissance et l’industrialisation », a laissé entendre le ministre, mettant en avant une logique davantage tournée vers l’investissement que vers une simple programmation budgétaire.
Le gouvernement estime que cette dynamique est soutenue par les performances récentes de l’économie ivoirienne. Avec une croissance moyenne de 6,5 % enregistrée entre 2021 et 2025, une dette publique maîtrisée autour de 57 % du PIB et une amélioration progressive de la notation souveraine du pays, les autorités veulent rassurer les investisseurs sur la solidité du cadre macroéconomique ivoirien. Selon Souleymane Diarrassouba, « la stabilité macroéconomique et la discipline budgétaire constituent aujourd’hui des garanties essentielles de crédibilité et de confiance ».
Le PND 2026-2030 ambitionne également de transformer durablement l’économie ivoirienne à travers l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture, le développement des chaînes de valeur locales, la digitalisation des services, l’amélioration du capital humain et la transition vers une économie verte et résiliente.
Le document stratégique prévoit une croissance économique pouvant atteindre 7,6 % à l’horizon 2030, une réduction du taux de pauvreté sous la barre des 20 % ainsi que la création de plus de trois millions d’emplois sur la période.
Dans le domaine social, les autorités souhaitent également améliorer plusieurs indicateurs clés, notamment l’espérance de vie, le niveau du capital humain et la réduction de la mortalité infantile. Les jeunes et les femmes occupent une place importante dans cette stratégie, avec des mesures annoncées en faveur de l’entrepreneuriat, de l’insertion professionnelle et de l’accès au financement.

Au-delà des chiffres, le gouvernement veut surtout envoyer un signal fort aux marchés internationaux. Le Groupe consultatif d’Abidjan des 8 et 9 juillet 2026 devrait ainsi servir de plateforme de promotion économique destinée à présenter aux investisseurs une trajectoire de croissance jugée « crédible, structurée et mesurable ». Pour le ministre du Plan et du Développement, cette nouvelle génération de PND traduit une transformation de la conception même du développement. « Le développement n’est plus uniquement une politique publique, mais également un enjeu de compétitivité sur les marchés mondiaux de capitaux », a-t-il insisté.
À travers ce plan, la Côte d’Ivoire cherche donc à consolider son image de pays stable, réformateur et attractif. Plus qu’un simple document de programmation économique, le PND 2026-2030 apparaît désormais comme un instrument stratégique destiné à renforcer la confiance des investisseurs et à positionner durablement le pays parmi les grandes économies émergentes africaines.
Julien Koffi
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