Dossier : Comment le GUCE Connecte la Côte d’Ivoire au Monde ?

Le GUCE-CI est la société d'Etat en charge de la digitalisation du commerce extérieur Ivoirien

12 ans en arrière, la Côte d’Ivoire initiait la modernisation de son commerce extérieur. Au cœur du projet, une plateforme numérique, déployée 2 ans plus tard, pour centraliser et sécuriser les données logistiques, en vue d’améliorer la compétitivité, des ports et aéroports Ivoiriens, et de renforcer la coordination entre les opérateurs économiques et les administrations publiques.

Un pari réussi, puisque, aujourd’hui, « pour chaque 10 FCFA de Produit Intérieur Brut (PIB) généré, 5 FCFA provient du commerce, notamment des exportations. » Déclarait Dr Kalilou Sylla, l’ancien Directeur Général du Commerce Extérieur, lors du séminaire bilan, organisé le 2 juin 2026 et le 3 juin 2026, dans le quartier d’affaires de la capitale économique Ivoirienne, à l’occasion du 10e anniversaire du GUCE-CI.

La plateforme en ligne catalyse les chaînes logistiques multimodales

Cette forte accélération des échanges commerciaux s’est traduite par un bond de 121 % (6,8 % par an de croissance en moyenne) sur la période 2012-2024, marquée par une augmentation de 75 % des exportations Free On Board (FOB), le doublement des importations Coût, Assurance et Fret (CAF) et par l’obtention, par la Côte d’Ivoire, d’une note de performance macroéconomique de 8,1 sur 10.

Volume des echanges commerciaux de la Cote dIvoire de 2012 a 2025
Graphique : KOFFI-KOUAKOU Laussin

Une note « très élevée », selon Stanislas Zézé, le Président de Bloomfield Investment Corporation, qui estime que « l’impact du GUCE ne se limite pas à la performance opérationnelle ! » Pour le fondateur de la 1re agence de notation financière et d’évaluation du risque de crédit, en devises locales, en Afrique, « il participe à rendre les transactions commerciales plus efficaces, plus efficientes, et contribue, ainsi, directement à la solidité des fondamentaux macroéconomiques du pays et à son attractivité auprès des investisseurs. » Expliquait il, à raison, un an plus tôt, durant le séminaire bilan des 10 ans d’existence du GUCE-CI. Et pour cause.

En une décennie, la dématérialisation et l’interconnexion des systèmes, opérées par le GUCE-CI, ont conduit à une réduction de 90 % des délais de traitement des Fiches de Déclaration à l’Importation (FDI), de 80 % des délais de traitement des certificats phytosanitaires, grâce à une transmission automatisée aux pays partenaires, et de 70 % des délais de traitement des manifestes de voyage.

Le GUCE offre une approche prospective pour une prise de décision éclairée

« Au temps fort de la Covid-19 et du confinement instauré pour endiguer la propagation du virus, le GUCE a également permis, aux acteurs Ivoiriens, de maintenir le contact avec leurs partenaires extérieurs et de limiter, tant bien que mal, l’effet négatif de la pandémie sur leurs activités. »

Cette information, révélée le lundi 8 juin 2026 par Baba Touré, l’actuel Directeur Général du Commerce Extérieur, pendant le panel inaugural du GUCE CONNECT 2026 auquel il participait avec le Directeur Général du GUCE-CI, Kitifolo Kignaman-Soro, résume, à elle seule, la capacité de résilience de la Côte d’Ivoire qui « consolide ses performances au 1er semestre 2026, alors qu’un certain nombre de chocs économiques frappe tous les pays du monde ! » Souligne le patron de la Société d’Etat en charge de la gestion de la plateforme digitale du commerce extérieur Ivoirien.

Copie de Q5A2903

Concernant la crise du détroit d’Ormuz qui aurait pu, par exemple, affecter les importations de riz de la Côte d’Ivoire — une partie substantielle des approvisionnements du 1er producteur mondial de cacao en ce céréale provient d’Asie du Sud-Est — Baba Touré a aussi insisté, durant son intervention, sur l’importance des données fournies par le GUCE et précisé qu’elles aident le gouvernement « à anticiper et à prendre les bonnes décisions. »

Forte de ses avancées notables, la Société d’Etat du 1er PIB par Habitant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, au GUCE CONNECT 2026, Kitifolo Kignaman-Soro a fait plusieurs annonces majeures, dévoilé les grandes lignes du GUCE 2.0 — la prochaine version de sa plateforme — et informé du lancement imminent du Guichet Unique Maritime (GUM), pour appuyer son Port Community System (PCS), ainsi que de l’intégration, à venir, de l’Intelligence Artificielle et de la Blockchain pour booster, technologiquement parlant, la plateforme digitale du pays au taux de rapatriement des devises le plus élevé de la région.

Copie de Q5A2960
Ces dernières années, le monde connait une croissance accrue du rôle de la Big Data. En parallèle, l’on assiste à une recrudescence des crises sanitaires, des ruptures économiques et des tensions géopolitiques. Au GUCE CONNECT 2026, parrainé par Ibrahim Kalil Konaté, le Ministre Ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat qui s’y est vu officiellement remettre le Livre Blanc édité suivant les recommandations remontées à la suite des travaux du séminaire sur la décennie d’activité du Guichet, l’ex titulaire du portefeuille de la Transition Numérique et de la Digitalisation sous le précédent gouvernement Mambé a déclaré, devant S.E. Abdelmalek Kettani, l’Ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire — la contrée Chérifienne était à l’honneur — que dans « un contexte mondial en pleine mutation, les pays qui réussissent, aujourd’hui, sont ceux qui ont réussi à dématérialiser leurs procédures. » Le Président du Conseil d’Administration du GUCE-CI, Issouf Fadika, a, lui, rappelé que la Côte d’Ivoire dispose « d’une position géographique stratégique. » Cependant, « dans un monde où la concurrence logistique s’intensifie de jour en jour, être un port d’entrée dans l’hinterland ne suffit plus ! » A-t-il alerté. « Il faut de la fluidité, de la rapidité et une sécurité accrue des procédures. » A poursuivi Issouf Fadika. « Digitalisation d’accord, mais transformation d’abord, une gouvernance forte, la maîtrise des données, l’interconnexion des acteurs, l’automatisation, la traçabilité et l’humain sont les 6 piliers qui nous permettrons d’asseoir la compétitivité de note commerce extérieur. » A-t-il affirmé.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

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