En marge des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC) 2026 qui se tiennent son plein du 1er au 3 septembre 2026 au Parc des expositions d’Abidjan, le président du Groupement professionnel des exportateurs de café et de cacao (GEPEX), Lionel Soulard, a dévoilé le mercredi 2 septembre, la vision de l’organisation pour une filière café-cacao ivoirienne plus durable, compétitive et résiliente à l’horizon 2030. Placée sous le thème « Un écosystème, une vision : Café-Cacao Côte d’Ivoire 2030 », cette vision s’articule autour de quatre priorités : le dialogue et la confiance, la durabilité, la conformité et la traçabilité, ainsi que la compétitivité et la résilience.
Face aux mutations de la filière, marquées notamment par le changement climatique, la volatilité des cours et le renforcement des exigences internationales, Lionel Soulard a appelé les différents acteurs à renforcer leur coopération. « Dans un environnement en mutation rapide, travailler en silo n’est plus une option », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de créer une véritable plateforme de dialogue entre producteurs, coopératives, exportateurs, transformateurs, Conseil du Café-Cacao et pouvoirs publics.
Le président du GEPEX a également alerté sur les défis qui menacent la durabilité de la filière, notamment le réchauffement climatique, le vieillissement des plantations, la déforestation, le swollen shoot et l’orpaillage illégal. Selon lui, la recherche et la mécanisation doivent accompagner la modernisation du secteur.
Sur la question de la traçabilité, le GEPEX a réaffirmé son soutien au Système national de traçabilité (SNT). Pour Lionel Soulard, la digitalisation de la filière ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte liée aux nouvelles normes internationales. « Ça peut être un “game changer” pour la filière », a-t-il estimé, évoquant notamment son potentiel pour faciliter l’accès des producteurs aux services financiers et numériques.
La compétitivité constitue le quatrième axe de cette vision. Le GEPEX plaide notamment pour une interprétation harmonisée des règles par les différentes régies financières de l’État, afin de sécuriser les investissements. « C’est cette clarté institutionnelle qui sécurisera nos investissements et renforcera la résilience de la filière », a affirmé Lionel Soulard.

Le GEPEX entend également accompagner la stratégie ivoirienne visant à transformer 60 % du cacao localement, avec l’ambition d’aller davantage vers les produits à forte valeur ajoutée, notamment le chocolat.
Alors que les JNCC 2026 mettent la jeunesse au centre des enjeux de la cacaoculture, Lionel Soulard estime que l’avenir du secteur passe aussi par sa capacité à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes. « Une filière dans laquelle la jeunesse doit pouvoir se retrouver et se projeter », a-t-il souhaité.
Pour marquer cette nouvelle étape, le GEPEX a enfin dévoilé sa nouvelle identité visuelle. « Le GEPEX ne change pas ce qu’il est. Il affirme ce qu’il veut devenir », a conclu Lionel Soulard, présentant ce changement comme le symbole d’un nouvel élan pour l’organisation et la filière café-cacao ivoirienne.
Julien Koffi
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