ATIDI : Plus de 53 500 milliards de FCFA d’investissements mobilisés en Afrique

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À l’occasion de son 25ᵉ anniversaire, l’institution panafricaine de garantie affiche un bénéfice net de 41,1 milliards de FCFA en 2025. Réunis à Nairobi, les dirigeants africains appellent à renforcer ses capacités financières pour soutenir les investissements sur le continent.

L’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (ATIDI) entend renforcer son rôle dans le financement des économies africaines. À l’occasion de sa 26ᵉ Assemblée générale annuelle (AGA), tenue du 30 juin au 3 juillet 2026 à Nairobi, au Kenya, l’institution a célébré son 25ᵉ anniversaire et présenté des résultats financiers en progression.

Placée sous le thème « Renforcer l’Afrique : risques maîtrisés, croissance stimulée », cette rencontre a réuni des dirigeants politiques et des responsables d’institutions financières autour des enjeux de mobilisation des capitaux, de financement des infrastructures et de renforcement de l’autonomie financière du continent.

Un bénéfice net de 41,1 milliards de FCFA en 2025

ATIDI a enregistré de solides performances financières en 2025. Son exposition totale est passée de 8,9 milliards de dollars en 2024 à 9,2 milliards de dollars, soit une progression de 5 299,2 milliards de FCFA en valeur absolue pour atteindre environ 5 299 milliards de FCFA.

Le résultat net annuel a progressé de 20 %, pour s’établir à 71,4 millions de dollars, soit environ 41,1 milliards de FCFA.

Le total du bilan a également augmenté de 20 %, à 1,06 milliard de dollars, équivalant à environ 610,6 milliards de FCFA. Les capitaux propres ont, quant à eux, progressé de 12 %, pour atteindre 883 millions de dollars, soit près de 508,6 milliards de FCFA.

Pour Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, ces résultats témoignent de la résilience de l’institution dans un environnement international marqué par des incertitudes persistantes. Il a souligné la progression des recettes d’assurance, des revenus d’investissement et des fonds propres.

Depuis sa création, ATIDI affirme avoir contribué à mobiliser plus de 93 milliards de dollars d’investissements privés en Afrique, soit plus de 53 568 milliards de FCFA. Cette contribution repose notamment sur ses produits d’assurance contre les risques politiques et d’assurance-crédit, destinés à sécuriser les investissements et à faciliter le financement de projets sur le continent.

L’institution compte désormais 24 pays membres africains, 13 actionnaires institutionnels et un État membre non africain, contre sept membres fondateurs à ses débuts.

William Ruto plaide pour une recapitalisation d’ATIDI

La cérémonie du 25ᵉ anniversaire a été marquée par l’intervention du président kényan, William Ruto. Celui-ci a appelé les pays africains à renforcer leurs institutions financières et à mobiliser davantage leurs ressources pour financer leur propre développement.

« L’Afrique ne souffre pas d’un manque de capitaux. Elle souffre plutôt d’un manque d’institutions capables de transformer les risques, de mobiliser l’épargne et de la canaliser vers des investissements productifs », a-t-il déclaré.

Le président kényan a notamment apporté son soutien à la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), lancée en avril 2026 par le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah. Cette initiative vise à renforcer la coopération entre les institutions financières africaines, à améliorer les mécanismes de partage des risques et à faciliter la mobilisation des capitaux au service du développement.

William Ruto a appelé à une recapitalisation d’ATIDI à hauteur de 2 milliards de dollars, soit environ 1 152 milliards de FCFA. Selon lui, le renforcement des garanties offertes par l’institution pourrait contribuer à mobiliser des financements privés supplémentaires.

Il a également annoncé que le Kenya envisageait, sous réserve des procédures nationales requises, de porter progressivement sa participation au capital d’ATIDI de 25 à 65 millions de dollars, soit d’environ 14,4 à 37,4 milliards de FCFA.

Le président kényan a par ailleurs remis à l’institution le titre foncier de la parcelle destinée à accueillir son futur siège permanent à Nairobi.

Le Kenya constitue un marché important pour ATIDI. Les solutions de l’organisation y ont contribué à mobiliser plus de 7 milliards de dollars d’investissements, soit plus de 4 032 milliards de FCFA, dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’industrie manufacturière, de l’agriculture et du commerce.

La BAD renforce sa participation

La Banque africaine de développement entend également accroître son engagement auprès d’ATIDI. Son président, Sidi Ould Tah, a indiqué que le Groupe de la BAD avait décidé de multiplier par cinq sa participation au capital de l’institution, devenant ainsi son principal actionnaire.

La Banque prévoit par ailleurs de soutenir l’élargissement de la base des membres d’ATIDI, notamment en accompagnant les pays africains qui ne sont pas encore membres dans leur démarche d’adhésion et de participation au capital.

Pour Sidi Ould Tah, le principal obstacle au financement du développement africain réside moins dans l’absence de capitaux que dans la perception du risque sur le continent, qui renchérit le coût des financements.

Il a plaidé pour une évolution du rôle des institutions financières multilatérales, appelées à agir davantage comme des catalyseurs de l’investissement privé. Les garanties et les mécanismes de financement mixte doivent, selon lui, permettre de mobiliser des ressources privées plus importantes à partir des financements publics.

Le vice-président kényan, Kithure Kindiki, a également insisté sur la nécessité d’accroître la contribution du secteur privé, face aux contraintes budgétaires et à l’endettement de nombreux États africains.

La confiance au cœur du modèle d’ATIDI

Pour le président du Conseil d’administration d’ATIDI, le professeur Kelly Mua Kingsly, la confiance des investisseurs demeure une condition essentielle au financement du développement. Les ressources naturelles et le potentiel démographique de l’Afrique ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir l’arrivée des capitaux.

Cette confiance repose notamment sur la capacité des institutions à réduire les risques et à offrir des garanties crédibles. C’est sur cette logique que repose le modèle d’ATIDI, dont les produits visent à sécuriser les investissements et les échanges commerciaux.

Manuel Moses a, pour sa part, insisté sur l’importance du statut de créancier privilégié dont bénéficie l’institution. Ce mécanisme, qui encadre les obligations des États membres envers ATIDI, contribue à préserver la confiance des investisseurs et constitue, selon lui, un élément fondamental du modèle économique de l’organisation.

Des rencontres pour stimuler les investissements

Au-delà des sessions institutionnelles, l’Assemblée générale a accordé une place importante à la promotion des investissements et au développement des entreprises. La deuxième journée a notamment été consacrée à des présentations de projets au Cameroun et au Kenya, dans des secteurs tels que les énergies renouvelables, l’eau, l’agriculture et les transports.

Des rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et gouvernements (B2G) ont également été organisées afin de rapprocher investisseurs, entreprises et acteurs publics.

À travers ces échanges, ATIDI entend renforcer les partenariats et faciliter la concrétisation de projets susceptibles de contribuer à la transformation économique du continent.

Vingt-cinq ans après sa création, l’institution se positionne ainsi au cœur des discussions sur le financement du développement africain. La progression de ses résultats et les appels à renforcer son capital illustrent l’importance accordée aux mécanismes de garantie pour réduire les risques, attirer les investissements privés et soutenir les économies du continent.

Aimé Kouassi