Dans le cadre de sa mission de suivi et d’évaluation des projets financés en Côte d’Ivoire, une délégation de la Banque mondiale, conduite par Lisandro Martin, Directeur du Outcome Department, accompagnée du Coordonnateur du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), Comoé Bernard, a effectué vendredi 16 janvier 2026, une visite de terrain à la ferme Poly-Élevages Millan, située dans le quartier Sokoura à Aboisso.

Bénéficiaire d’un fonds à coûts partagés d’un montant global de 263 920 000 FCFA, cette entreprise piscicole figure parmi les projets emblématiques soutenus par le PDC2V, un programme stratégique mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale pour renforcer l’emploi des jeunes et la souveraineté alimentaire en Côte d’Ivoire.
Une ferme à fort impact social et économique
À l’issue de la visite, le chef de la délégation de la Banque mondiale s’est déclaré pleinement satisfait des résultats observés, notamment en matière d’employabilité des jeunes, de professionnalisation de la filière aquacole et de création de valeur ajoutée locale.

Tout en relevant les défis persistants liés au financement des activités agricoles, Lisandro Martin a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale à accompagner l’État ivoirien dans l’atteinte de ses objectifs de souveraineté alimentaire, à travers des investissements structurants et durables.
Le PDC2V, un levier d’insertion et d’autonomisation
Pour Comoé Bernard, coordonnateur du PDC2V, l’expérience de la ferme Poly-Élevages illustre parfaitement la philosophie du projet.
« Ce que nous faisons répond à un double objectif : l’insertion des jeunes et la réduction de leur dépendance économique. Nous facilitons leur accès aux opportunités économiques tout en les responsabilisant à travers des mécanismes de financement innovants », a-t-il expliqué.
Le PDC2V repose sur un mécanisme de financement partagé, dans lequel le projet couvre 90 % de l’investissement (soit 237 528 000 FCFA), tandis que le bénéficiaire contribue à hauteur de 10 % (soit 26 392 000 FCFA). Un dispositif qui favorise l’appropriation des projets et leur pérennité.

Les critères d’accès tiennent compte de l’âge, du genre selon les produits concernés, de l’expérience du promoteur dans la filière, mais surtout de la pertinence économique et technique du projet.
Poly-Élevages Millan, un modèle de réussite
Créée en 2016 par Millan Assiehue Augustin, pisciculteur depuis 2010, l’entreprise POLY-ÉLEVAGES est aujourd’hui spécialisée dans la production d’alevins monosexes de tilapia, la production de poissons marchands, ainsi que dans la fabrication de protéines alternatives à base de mouches soldats noirs et d’asticots, destinées à la formulation d’aliments pour poissons.
« Cette visite est un tournant décisif. Elle permet de mesurer le chemin parcouru grâce à l’accompagnement du PDC2V et de se projeter vers l’avenir. C’est à la fois une satisfaction et une responsabilité », a confié le promoteur.

Conscient des attentes de la population, notamment en matière de sécurité alimentaire, M. Millan entend continuer à produire des protéines animales accessibles, tout en formant la relève.
Des investissements structurants
Installée sur une superficie de 5 hectares, dont 3,5 hectares en exploitation, la ferme disposait initialement de 12 étangs, 8 bassins bétonnés, un hangar de formation, un magasin de stockage, un dortoir pour les apprenants et une retenue d’eau.
Grâce au financement du PDC2V, l’entreprise a pu acquérir 15 bacs hors-sol (12 de 18 m³ et 3 de 112 m³) ; construire un bâtiment dédié à la production de mouches soldats noirs ; réaliser une nouvelle retenue d’eau et 8 étangs supplémentaires ; réhabiliter 4 étangs existants ; construire un bâtiment administratif (en cours) ; acquérir un véhicule de liaison et un tricycle de livraison.
Des résultats chiffrés éloquents
Les impacts du financement du PDC2V sont significatifs : Production d’alevins : de 80 000–100 000 à plus de 200 000 tous les 45 jours ; Production de poissons marchands : de 1 tonne à 6 tonnes par an ; Production de larves de mouches soldats noirs : de 200 kg à 500 kg par semaine ; Formation : de 30–40 à environ 100 apprenants par an ; Chiffre d’affaires : de 110–120 millions à plus de 200 millions FCFA par an ; Emplois directs : de 6 à 12 employés, dont une majorité de femmes, en plus de 4 stagiaires.

Un modèle reproductible
À travers la ferme Poly-Élevages Millan, le PDC2V et la Banque mondiale démontrent que l’agriculture moderne, innovante et bien encadrée peut être un puissant moteur d’emplois, de croissance inclusive et de sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire.
Aimé Kouassi
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