L’ambiance était à la fois solennelle et festive. À la Maison de la Presse d’Abidjan-Plateau, journalistes, responsables de rédactions et acteurs des médias ont répondu massivement à l’appel de Marie-Laure N’Goran, candidate à la présidence de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), ce mardi 3 février 2026.
Entre discours d’engagement, présentation d’un programme structuré et échanges directs avec la presse, la journaliste vedette du JT de 20h de la RTI a posé les jalons d’une mandature qu’elle annonce concrète, inclusive et résolument tournée vers l’avenir. D’emblée, Marie-Laure N’Goran revendique un parcours qui fonde sa légitimité. Plus de quinze années passées dans les salles de rédaction, treize ans à la présentation du journal télévisé le plus suivi du pays et trois distinctions Ebony à son actif.
Autant d’années d’expérience qu’elle met aujourd’hui au service de la corporation. « Si je me porte candidate, c’est parce que je crois que le changement est possible et à portée de main », confie-t-elle, sous les applaudissements. Selon elle, l’UNJCI traverse un moment décisif de son histoire, appelant une organisation plus moderne, plus solidaire et surtout plus crédible. Au cœur de son projet, une vision articulée autour de quatre axes majeurs : repositionner l’UNJCI, rassembler les journalistes, restaurer la confiance et renforcer l’excellence professionnelle. Ainsi, loin d’un discours incantatoire, la candidate insiste sur la nécessité de réconcilier la corporation avec elle-même, tout en apaisant les tensions héritées des précédentes mandatures.
Pour elle, la future présidente doit être « celle qui écoute, qui apaise et qui construit ». Le programme présenté par la candidate repose sur cinq piliers structurants, pensés comme des leviers de transformation durable. Premièrement, l’Union, avec pour objectif de rassembler et réconcilier. Cela passera notamment par la relance de la Journée de l’UNJCI, des tournées régulières dans les rédactions, un tournoi de la confraternité et un Salon Médias & Innovation, destiné à créer des passerelles entre journalistes, technologies et opportunités économiques.
Deuxièmement, le Social, considéré comme une urgence. La création d’un Fonds d’Appui d’Urgence aux Journalistes (FAURJ), le projet UNJCI Connect, l’assistance juridique renforcée et le chantier ambitieux de l’Hôpital des Journalistes à Bingerville traduisent une volonté claire : protéger et soulager les professionnels souvent confrontés à la précarité. Troisièmement, la Formation, avec l’Académie UNJCI comme pièce maîtresse. Intelligence artificielle, data, numérique, mentorat pour les jeunes plumes, partenariats internationaux : la formation continue est pensée comme un antidote au déclassement professionnel.
Quatrièmement, la Gouvernance, fondée sur la transparence. Budget annuel public, plateforme numérique, gouvernance participative et Conseil des sages constituent les garde-fous d’une gestion assainie. Enfin, les Grands Chantiers, parmi lesquels la Fondation Ebony, la rénovation de la Maison de la Presse et la création d’espaces modernes (bibliothèque numérique, studios podcast, coworking). Autant d’infrastructures pour redonner fierté et visibilité au métier. Lors de l’interview accordée en marge de la rencontre, Marie-Laure N’Goran insiste sur sa conception singulière de la Maison de la Presse. « J’ai voulu que le lancement de campagne ressemble à une fête, parce que la Maison de la Presse, c’est la maison du journaliste », a-t-elle expliqué.

Ainsi, au-delà des formations, des activités culturelles et de détente y seront organisées. L’objectif est clair : joindre l’utile à l’agréable, dans un environnement souvent marqué par le stress et la pression des rédactions. Autre point clé de son discours : le réalisme. Contrairement aux promesses difficiles à tenir, la candidate affirme disposer déjà de partenaires prêts à accompagner des projets structurants, notamment l’UNJCI Academy, UNJCI Connect ou encore le Salon des Médias et de l’Innovation.
Pour elle, la crédibilité, la transparence et l’excellence doivent désormais guider l’action syndicale. En filigrane, se dessine une ambition plus large : faire émerger un journaliste ivoirien créateur de valeur, acteur du développement économique et social, capable d’innover et de tirer profit de son intelligence professionnelle. Au terme de cette rencontre, une certitude s’impose : au-delà d’une candidature, Marie-Laure N’Goran propose une vision. Celle d’une UNJCI réconciliée, moderne et crédible. Reste désormais aux journalistes ivoiriens à trancher, dans les urnes, entre le statu quo et l’espoir d’une maison commune enfin à la hauteur de leurs ambitions.
Julien Koffi
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