La Côte d’Ivoire franchit une étape importante dans la transformation de son système de commercialisation des produits vivriers. Réunis à Grand-Bassam, les acteurs du secteur ont participé à un atelier national consacré à la validation des projets de textes réglementaires encadrant les marchés de gros. Une initiative jugée essentielle pour garantir la viabilité et l’efficacité des futures infrastructures.
Cette réforme s’inscrit dans la dynamique du Plan National de Développement (PND 2030) et bénéficie de l’appui du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), financé par la Banque mondiale. À terme, trois marchés de gros verront le jour à Abengourou, Abidjan et Daloa. Ces infrastructures stratégiques visent à renforcer les chaînes d’approvisionnement, améliorer les conditions de commercialisation et contribuer à la sécurité alimentaire du pays.
Un cadre réglementaire pour structurer le secteur
Face à une croissance démographique soutenue et à une urbanisation rapide, le pays doit relever d’importants défis en matière d’approvisionnement alimentaire. Bien que représentant environ 22 % du PIB et employant près des deux tiers de la population active, le secteur agricole reste confronté à des faiblesses structurelles, notamment en matière de stockage, de transport et de distribution.
Ces insuffisances entraînent des pertes post-récoltes élevées, une instabilité des prix et une rémunération insuffisante des producteurs. Pour y remédier, les autorités misent sur une modernisation en profondeur des marchés vivriers, avec un accent particulier sur leur organisation et leur encadrement.

Des innovations pour plus d’efficacité et de transparence
Les projets de décrets examinés lors de l’atelier portent sur le statut, l’organisation et le fonctionnement des marchés d’intérêt national (MIN). Ces marchés de gros auront pour mission de structurer les circuits de distribution, limiter les intermédiaires et garantir une meilleure qualité des produits.
Plusieurs innovations sont prévues : une gestion professionnalisée assurée par des structures dédiées ; la création de commissions spécialisées (hygiène, discipline, traçabilité) ; l’intégration de marchés relais pour optimiser la collecte et la distribution ; la mise en place d’un cadre participatif incluant l’ensemble des acteurs du secteur.
Ces mesures devraient améliorer la compétitivité, la transparence et la performance globale du système de commercialisation.
Une vision au service de la souveraineté alimentaire
Le ministre délégué chargé des Productions vivrières, Bernard Kini Comoé, a salué, le jeudi 30 avril 2026 lors de l’ouverture de l’atelier de validation du cadre règlementaire à Grand-Bassam, une démarche inclusive issue de consultations nationales. Il a souligné l’importance de disposer d’un cadre réglementaire solide pour accompagner les investissements en cours.
Cette réforme s’inscrit dans la vision du Président de la République, Alassane Ouattara, qui ambitionne de renforcer la souveraineté alimentaire et de faire de l’agriculture un moteur de croissance inclusive.
À l’issue des travaux, les participants ont validé les textes en tenant compte des différentes contributions. Ceux-ci seront prochainement soumis au Conseil des ministres pour adoption.
Vers un système alimentaire plus résilient
Au-delà de leur dimension juridique, ces réformes traduisent une volonté de transformation durable du secteur vivrier. L’objectif est clair : bâtir des marchés modernes, mieux organisés et capables de répondre aux exigences d’une économie en mutation.
Avec cette initiative, la Côte d’Ivoire confirme son engagement à construire un système alimentaire performant, au bénéfice des producteurs comme des consommateurs.
Aimé Kouassi
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