Dans de nombreux pays, l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap reste un défi structurel, en dépit de l’existence de cadres juridiques et de politiques publiques censés favoriser leur inclusion. Entre les obligations légales affichées et les réalités du marché de l’emploi, l’accès au travail demeure encore largement limité pour une frange importante de cette population.
C’est dans ce contexte que le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale a organisé, ce mardi 5 mai 2026 à Abidjan-Plateau, une tribune d’échanges « Tout Savoir Sur », consacrée au thème : « l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap dans le secteur privé en Côte d’Ivoire ». Intervenant à cette occasion, le Président du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes en Situation de Handicap (FIPPSH), Konaté Ibrahim a dressé un état des lieux chiffré préoccupant. « La Côte d’Ivoire compte environ 500 000 personnes en situation de handicap, pour près de 975 000 travailleurs dans le secteur formel, mais seulement environ 6 500 y sont effectivement employés, soit un taux d’environ 0,7 %, en dessous des exigences réglementaires », a-t-il déclaré, soulignant un écart important entre la loi et son application.
Il a rappelé que « le pays dispose pourtant d’un cadre juridique solide avec la ratification de la Convention n°159 de l’OIT, la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, la loi d’orientation n°98-594 du 10 novembre 1998 et le Code du travail interdisant toute discrimination à l’embauche », a-t-il ajouté. Créé par le décret n°2023-88 du 15 février 2023, le FIPPSH est présenté comme un instrument central de correction des inégalités sur le marché de l’emploi.

À ce sujet, il a expliqué que « le Fonds a pour mission de financer l’insertion et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap, d’aménager les postes de travail, d’améliorer l’accessibilité des locaux et de faciliter l’acquisition d’équipements adaptés », a-t-il précisé, ajoutant qu’il est placé sous la tutelle du ministère de l’Emploi et sous la supervision financière du ministère de l’Économie et des Finances, avec une gestion assurée par la BNI. Sur le plan des résultats, il a indiqué une évolution progressive du nombre de travailleurs concernés, affirmant que « nous sommes passés d’environ 6 500 personnes en situation de handicap insérées dans le secteur privé à environ 8 300 entre 2021 et 2026 », a-t-il fait savoir, tout en reconnaissant que ces chiffres restent en deçà des objectifs fixés par la réglementation.
Enfin, il a appelé à une mobilisation collective du secteur privé et de l’ensemble des acteurs sociaux, en déclarant que « l’inclusion ne doit pas rester un principe théorique mais se traduire concrètement dans les recrutements et les pratiques des entreprises », a-t-il conclu.
Julien Koffi
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