Le marché des actions de la bourse de l’UEMOA franchit de nouveau un seuil
Ce nouveau record, marqué par une création de valeur de près de 6 700 milliards FCFA réalisée en moins de 3 trimestres, traduit une croissance spectaculaire du marché depuis le début de l’année et confirme l’accélération de la dynamique haussière de la place boursière commune aux 8 pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
Cette performance est encore plus notable lorsqu’elle est observée, dans le rétroviseur, sur le moyen terme. En effet, alors qu’elle était de 4 367, 68 milliards FCFA en 2020, la valeur du marché des actions de la BRVM a pratiquement quintuplé en l’espace d’environ 6 ans.
Cette progression de la capitalisation s’accompagne également d’une forte appréciation des indices boursiers, notamment du BRVM Composite qui, à la clôture de la séance de ce jeudi 20 août 2026, s’est établi à 519,59 points et a affiché une hausse de 50,28 %, comparé à ce qu’il valait au début de l’exercice 2026.
Dans un environnement caractérisé par la recherche de nouvelles opportunités d’investissement et de financement, cet autre signe de l’ampleur du mouvement engagé sur le marché régional des actions est, s’il en est, une preuve supplémentaire de la bonne valorisation des entreprises cotées à la BRVM, de la perception positive des investisseurs quant aux perspectives économiques de la zone UEMOA et de l’intérêt grandissant pour la région suscité par la 5e bourse d’Afrique.
Derrière le passage à plus de 20 000 milliards FCFA de capitalisation boursière de la BRVM, impulsé, entre autres, par le renforcement, progressif, de sa profondeur et par la diversification des secteurs représentés, sur la place financière régional, ainsi que par les réformes engagées pour améliorer la qualité des émetteurs, renforcer la liquidité, multiplier les instruments financiers et élargir la base des investisseurs, les yeux avertis lisent surtout un changement graduel d’échelle.

Si cette transformation vers un stade supérieur ne peut être caché de la main, elle pose néanmoins des questions essentielles, lorsque l’on se penche du côté empirique de l’analyse. Pourquoi ? Après un départ en dents de scie, dû principalement à la rupture avec des décennies de stabilité dans les terres du principal contributeur au Produit Intérieur Brut (PIB) de l’UEMOA, la valeur globale du marché des actions de la BRVM avait évolué de manière saisissante, suite à l’accord de Linas-Marcoussis, et même connu une augmentation annuelle de 80,23 % entre 2006 et 2007, avant de renouer avec un effet yoyo, lié cette fois aux retards dans l’organisation des élections présidentielles Ivoiriennes prévues par l’accord de Ouagadougou. Aujourd’hui, bien que le climat d’ensemble dans l’Union semble stable, que la BRVM ne propose pas de produits toxiques et que son marché soit, à date, peu touché par le retour des flammes engendrées par la recrudescence, internationale, des conflits géopolitiques, les attaques Djihadistes minant les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) — toujours dans l’UEMOA, le Burkina Faso, le Mali et le Niger se sont retirés, fin janvier 2024, unilatéralement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) — pourraient ramener la BRVM vers la même tendance observée, sur son marché des actions, sur la période 2008-2009, compte tenu de l’atmosphère qui règnent dans les 3 pays de l’Alliance, des convoitises pour les richesses qu’ils possèdent et leur poids (28,4 % du PIB) dans l’économie de l’UEMOA. Alors, si pour vous, comme pour moi, l’histoire est une source immense de savoir, avant de chercher à deviner les points de bases d’une action, rappelez vous que la tendance est votre amie…
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